True Blood est la nouvelle série d’Alan Ball (scénariste d’American Beauty et créateur de Six Feet Under), adaptée des Southern Vampire Mysteries (neuvième opus à paraître en 2009) de l’auteur américaine à succès Charlaine Harris.
Le pitch : Sookie Stackhouse (Anna Paquin, oscarisée à onze ans pour son rôle dans la Leçon de Piano) est une jeune serveuse qui lit dans les pensées. Épatant mais pas tant que ça, puisque dans la ville imaginaire de Bon Temps, en Louisiane, les humains côtoient vampires, loups-garous (voire tigre-garous) et autres shapeshifters.
Question promo, HBO avait mis le paquet, misant notamment sur le web : mailing mystérieux aux blogueurs confluents, ouverture à la Lost de nombreux sites (la Ligue des Vampires Américains, la Compagnie du Soleil – les anti –, le Meetic pour vampires, et le site de la boisson True Blood évidemment), vidéo virale d’un vampire effectuant un test comparatif du True Blood et du sang humain… Toutes ces réjouissances étant centralisées sur un blog qui continue de chroniquer la vie à Bon Temps, proposant des images inédites (interviews de personnages par le reporter maison, en lien avec les évènements survenant dans la série). Ajoutez la distribution d’un comic prequel au Comic-Con de San Diego, et de DVD du pilote au festival international du film de Toronto, et les conditions d’un joli démarrage étaient réunies.
Simplement pour le plaisir de démentir la conclusion du paragraphe précédent, le series premiere n’attira pas les foules, mais les audiences ont augmenté de semaine en semaine, hissant True Blood sur le podium des séries d’HBO les plus regardées, derrière les Sopranos et Sex and the City. Pas suffisant cependant pour en faire le blockbuster – sur le câble – de la saison, et sans réussir à emballer la critique, partagée.
La série, fidèle aux bouquins, est à la fois une histoire de créatures nocturnes, avec les codes du genre, dont elle s’affranchit en partie mais qui s’imposent immanquablement, et une chronique du South, paradis des moustiques et des sales types, auxquelles s’ajoute une intrigue policière censée pimenter le tout. De la même façon, la série Invasion, qui n’aura duré qu’une saison (une deuxième est déjà signée pour True Blood), avait choisi de faire atterrir d’affreux extra-terrestres dans les marécages de la région. Dans les deux cas, la réussite d’une des composantes se fait toujours aux dépens des deux autres. Tantôt se laisse-t-on séduire par l’ambiance moite et les histoires de vaudous, tantôt apprécie-t-on de revoir Zeljko Ivanek (Damages) en flippant chef des vampires, tantôt sommes-nous de complaisants témoins de la descente aux enfers de Jason, frère imbécile de l’héroïne… Mais la qualité est très inégale, et dans l’ensemble, on s’ennuie pas mal.
Reste un petit plaisir hebdomadaire : le générique, chanté par Jace Everett, qui magnifie le South et ses plaisirs, et qui à lui seul m’aura fait tenir les douze épisodes de la saison.
http://www.dailymotion.com/videox71iqd
Il est réalisé par Digital Kitchen, qui ne sont pas des novices, puisqu’ils ont également saigné signé les génériques de Six Feet Under, Nip/Tuck, House M.D. et Dexter. Celui de True Blood, complètement South donc, n’est pas sans rappeler les premières images du documentaire d’Andrew Douglas Searching for the Wrong-Eyed Jesus, road trip avec le songwriter de country alternative Jim White.
Pour le plaisir, la version longue du générique de True Blood…
http://www.dailymotion.com/videox7j4uy