Encore du piano cette semaine avec le Cubain Omar Sosa. Né en 1965 à Camaguey, il étudie les tambours et percussions pendant les années 70/80, ce n’est qu’après qu’il se mettra au piano. Son jeu et ses mélodies resteront très marquées par ces enseignements. Omar Sosa fait partie de ses jazzmen qui voient la musique comme une forme de spiritualité, une voie vers un retour aux sources du Motherland. Il déclare à ce propos : « Pour moi le jazz et la musique afro-cubaine d’une certaine manière sont la même chose. Elles partagent un tronc commun, une même réalité : la mère Afrique. Comment je me situe par rapport à ça ? Comme un fils de l’Afrique, qui essaie simplement d’exprimer ce que les esprits des ancêtres veulent dire à travers lui, c’est tout. » (in Omar Sosa, le souffle des ancêtres). Il jouera à Marciac le 5 août avec son ensemble Afreecanos.
Non, pas de pipo pour redonner un coup de pouce a ma chronique, Herbie est bien programmé à Marciac cette année. Il ne viendra pas seul, puisque l’entoureront, entre autres, Chris Potter au sax et Dave Holland à la contrebasse.
Bon, bon, bon… Que dire sur Herbie qui n’ai pas déjà été écrit, filmé, etc. Pas grand chose en fait, alors pour les amateurs et connaisseurs, je vous conseille d’aller directement faire un tour vers la suite de l’article afin de vous délecter des vidéos que j’ai amoureusement sélectionnées. Et pour les autres, voici une brève biographie, juste pour réaliser le monument que vous aurez en face de vous une fois assis sous le chapiteau du JIM.
Repéré à 17 ans par Miles Davis, il intègre son Magical Quintet en 1963. Il y retrouve Ron Carter, Wayne Shorter et Tony Williams. Pianiste de légende mais malgré tout controversé, il touche à tout dans sa carrière. Du jazz bien sur, mais également très attentif aux débuts du hip-hop il participe au fameux Rock It avec GrandMaster DST. Il s’essaye aussi à la funk avec les Headhunters, et plus récemment à un jazz plus commercial avec ces deux derniers albums, Possibilities et The Joni Letters, où il fait des featurings avec Christina Aguilera et Norah Jones notamment.
A l’heure où l’Italie se retourne vers Berlusconi, où Rome confie ses clés à un maire au passé douloureux et aux fréquentations pas catholiques, où la squadra azzura nous subtilise le trophée footbalistique suprême, il n’est pas totalement imbécile de douter de nos amis transalpins.
Et pourtant Dieu sait qu’on avait des raisons de les respecter. En vrac : les pâtes, la Vespa, la Toscane, les Italiennes… Mais on se dit que les temps changent, que tout évolue, même ce souvenir d’une belle brune, la peau tannée par le soleil, le cheveu libre, abandonné de tout casque sur ce scooter bleu ciel, traversant les ruelles comme à la recherche de notre œil de collégien en voyage scolaire, semble s’estomper face aux aberrations du monde moderne.
Et là arrive Paolo Fresu. Paolo nous rappelle qu’en plus des clichés éculés, l’Italie est un grand pays de jazz, un jazz typique, léger et doux. L’homme en question naît en 1961 en Sardaigne, et commence la trompette à 11 ans. Rapidement remarqué comme un futur grand, il enregistre un nombre impressionnant d’albums. Très actif dans le milieu, il monte sur scène aussi souvent qu’il partage ses savoirs. Paolo est tout ce que le jazz a de plus feutré, subtil, tout ce que le jazz a d’italien. Sa trompette est métallique comme celle de Miles, fumeuse comme celle de Chet, et poétique comme celle de son aîné, Enrico Rava. Dur de sortir un album d’une discographie si prolixe. Ses plus fameux sont Night on The City (1996), pour lequel il a reçu un Django d’or de l’Académie du Jazz. On pourra également citer Shades of Chet (2001), avec Enrico Rava et Stefano Bollani, ainsi que, récemment sorti chez ECM, The Lost Chords Meet Paolo Fresu avec Carla Bley. Mais laissons place à la musique, c’est tout ce qui importe.
Avec les beaux jours quoi de plus normal que de penser à l’été, et en pensant à l’été quoi de plus naturel que de penser à Jazz in Marciac. Voici donc une nouvelle rubrique qui ne vient pas remplacer le jazz du jeudi, mais plutôt s’y greffer. En attendant Marciac présentera chaque semaine (promis !) un nouvel invité du fameux festival. Donc en attendant le magret, le soleil et le rouge démarrons notre tour d’horizon par Hamilton de Holanda.
Peu connu, l’ami Hamilton est un virtuose de la mandoline brésilienne. Il fait partie de ces jeunes irrespectueux des traditions qui bousculent tout. Son idée à lui a été de rajouter une double-corde à son instrument pour pouvoir jouer sur une gamme plus importante. Il poussera sa liberté au-delà, en décidant d’intégrer la mandoline à des formations plus jazz. Ainsi naîtra le Hamilton de Holanda Quartet, composé de trois grands jazzmen Brésiliens, qui deviendra le Brasilianos Quintet lorsque s’y joindra l’harmoniciste Gabriel Grossi.
Personnellement j’ai découvert Hamilton de Holanda en guest d’un concert de Richard Galliano (qui passe à Marciac également), je me suis procuré un de ses albums dès le concert achevé. Malheureusement je n’ai pas pu l’écouter depuis, trop de soleil, de samba et de Brésil dans un seul CD pour le triste hiver parisien. Mais je crois sincèrement qu’il va très vite prendre une place primordiale dans mes sons de l’été.