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    • Gui-M live at Marciac : suite et fin

      Guilhem 15.08.08 03:14 jazz, live, Marciac, musique

      Sax JazzToute les bonne choses ont une fin, et puis les autres aussi ! Après quasiment une semaine sans concert, nous finissons notre session de jazz dans le Gers par deux soirées aux affiches alléchantes : soirée piano, hommage à Esbjörn Svensson, leader de E.S.T. décédé le 14 juin dernier, avec Brad Mehldau et McCoy Tyner ; soirée cubaine avec Chucho Valdes et Paquito D’Rivera.
      Brad Melhdau arrive, seul sur scène avec son piano. Un piano solo à Marciac, cela paraît assez terrifiant tant le public s’était montré indiscipliné jusque là. Mais il n’en fut rien, à croire que les touches blanches et noires ont des vertus apaisantes. Ce soir là, Brad était grand, très grand. A 38 ans, il est encore classé dans la catégorie des jeunes pianistes, mais je pense sincèrement qu’il a atteint une vraie maturité le hissant parmi les cinq plus grands pianistes de jazz vivants. Ensuite vint sur scène une légende confirmée, un homme portant l’histoire du jazz sur ses épaules : McCoy Tyner. McCoy Tyner, c’est John Coltrane. Sans le pianiste je doute que Coltrane eût pu développer ce son si neuf qui fait d’A Love Supreme l’un des meilleurs albums de tous les temps. Le problème de la légende, c’est que souvent elle est vieille, et McCoy à 70 ans commence à avoir du mal à la porter l’histoire. Franchement rien à reprocher au set du trio, mais le jazz qu’il nous a proposé restait ultra-classique pour 2008. Le classique bien joué reste de la bonne musique et je ne crache pas dessus, mais le concert n’avait rien de franchement emballant.

      La seconde soirée était fort prometteuse, Paquito D’Rivera Sextet suivi de Chucho Valdes, deux des meilleurs musiciens de jazz Cubain de notre époque. Paquito ouvre le bal en nous rappelant que son album est à vendre à la boutique, ce qu’il ne cessera de répéter tout au long du concert, avec une touche d’humour certes, mais un peu lourd quand-même… Le saxophoniste/clarinettiste a un CV plutôt intéressant, son principal fait d’arme étant d’avoir fréquenté et joué pendant un long moment avec Dizee Gillespie. Mais ce soir là, le Duende n’y était pas. La petite touche de folie qui fait que le jazz cubain est cubain non plus. Le problème avec les grosses formations de jazz latin, c’est l’ombre du United Nation Orchestra qui pèse encore et toujours sur eux. Le Band complètement fou crée à l’initiative de Dizee Gillespie (et auquel a appartenu Paquito D’Rivera) fait office de référence à ce niveau, et j’ai eu la sensation d’avoir en face de moi un groupe essayant tant bien que mal de copier, plutôt que d’innover. Seule satisfaction de ce set, le jeune pianiste Alexander Brown, qui à seulement 20 ans a brillé avec plus d’éclat que toute la formation réunie. La soirée s’est poursuivie dans la fadeur avec laquelle elle avait débuté puisque Chucho Valdes avait décidé lui aussi de ne pas nous faire plaisir. Un concert si mou que nous sommes partis avant la fin, préférant célébrer notre dernier concert autour de quelques ti’punch.

      « Voila, c’est fini », chantait le poète, et nous aussi ! Bilan de ce séjour bleu : Marciac est donc un festival grand public avec tout ce que cela implique de péjoratif. 6000 personnes à chaque concert, seulement la moitié voit la scène, l’autre suit le concert sur un écran géant grâce aux images d’une réalisation douteuse. Un bénévole me soufflait qu’il trouvait le festival trop élitiste. Wynton Marsalis, Richard Galliano, Diana Krall, Manu Katche… Je pense bien au contraire que l’organisation de Marciac ne prend aucun risque quant à la programmation. Où sont les jeunes talents pourtant reconnus ? Tigran Hamasyan, Hiromi, Joshua Redman et j’en passe. Où sont les représentant d’un autre jazz ? Le label ECM et les nordiques sont absents, et la touche de Zorn ne suffit pas a donner étiqueter « free » une soirée. Finissons sur une note positive : Caetano Veloso en solo était incroyable, Paolo Fresu a confirmé tout le bien que je pensais de lui, Herbie est trop fort, sans parler de Bobby Mc Ferrin.
      Deux vidéos glanées sur le net des concerts d’Herbie & Bobby dans la suite…

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      Gui-M live at Marciac : je n’applaudis pas entre les solos

      Guilhem 06.08.08 17:57 critique, jazz, Marciac, musique

      A force d’attendre Marciac arrive le moment de prendre son courage et ses billets à deux mains pour filer vers le festival.
      Arrivée vendredi, ciel maussade et un peu lourd. Le temps de poser ses valises, de prendre un verre de rosé et on file vers le concert d’ouverture. Hamilton de Holanda Quintet. Un concert sans éclat, probablement dû à des balances hasardeuses, une salle trop grande ou un quintet manquant de groove, voire les trois. Soirée placée sous le signe du Brésil, Caetano Veloso en seconde partie. Je me tâte mais on insiste pour que je reste, si c’est vraiment naze je m’échapperai après le deuxième morceau. Caetano arrive, seul avec sa guitare, je ravale mes doutes. Un concert tout en douceur, la voix suave du brésilien posée sur de légers accords bossa, rien d’agressif si ce n’est les applaudissements entre les morceaux contrastant avec la légèreté de la musique. Une incroyable version de Paloma plus tard, on repart dans la nuit gersoise, à la cool, l’esprit détendu.
      Deuxième journée, levé midi, enchainé tout de suite avec le déjeuner et un verre de blanc, un peu rude mais il faut bien ça ! Petite après-midi au lac en attendant Herbie. Le soir, on arrive au chapiteau après un premier confit de canard un peu décevant. Paolo Fresu en première partie. A la pause on échange des impressions enjouées sur le concert. Le trompettiste italien a définitivement une sonorité proche de Miles, enchainant envolées et morceaux planants. Première anicroche avec le pauvre public de Marciac : outre le fait qu’ils ne peuvent s’empêcher d’applaudir mécaniquement entre les solos sans distinction de qualité, pourrissant les morceaux, ce cher public, à la recherche perpétuelle de la performance au profit de l’émotion transmise par les interprètes, n’a pu s’empêcher d’applaudir trois fois lors d’une note tenue un peu longtemps par Fresu. Mais je reviendrai plus tard sur les joies que nous procurent les spectateurs du festival.

      Après la pause arrive Herbie. Premier morceau ultra-funky me met immédiatement dans une mood positive. Ensuite les choses se gâtent un peu avec l’arrivée de deux choristes. Le second morceau étant réservé à l’une d’entre elles, un peu mollassonne et sans grand intérêt, le troisième pour un duo me rappelant Tina Turner et les moments les plus obscurs des années 90. Je prie pour que nos nouvelles amies ne s’éternisent pas trop, de peur qu’Herbie retombe dans ses travers mainstream. Les choristes restent un peu, le temps quand même d’apprécier les solos du guitariste Lionel Lueke. Tout le monde s’en va sauf Dave Holland, qui nous offre le solo de contrebasse le plus mélodique que j’ai jamais entendu.
      Revenons sur notre auditoire. La raison me laisserait penser que pour un solo de contrebasse il n’est nul besoin d’applaudir entre les solos, puisqu’il n’y en à qu’un. Erreur, je ne sais pas vraiment comment ni pourquoi mais ils ont trouvé le moyen de claper des mains, gâchant clairement l’interprétation du contrebassiste. Et c’est là le début d’un vrai divorce entre eux et moi. Herbie revient et décide de nous faire un solo de piano d’une bonne vingtaine de minutes. Solo manquant certes un peu de consistance pour une salle de 6000 places, mais était-ce une raison pour applaudir au bout de dix minutes afin de signifier au maître qu’il traine un peu en longueur ? Cela me conforte dans mon idée que le public de Marciac est composé de faux connaisseurs voulant montrer qu’il a tout entendu, un public manquant de respect envers les jazzmen, n’hésitant pas à discuter pendant les morceaux, à applaudir a tout rompre à la moindre performance, semblant attendre que le trompettiste jongle en jouant. Quant un chien vient à son tour interrompre le solo d’Herbie, rien ne va plus, je suis a deux doigts de quitter la salle. Mais heureusement l’artiste est là et son groove aura raison de ma colère. Cinq morceaux et trois rappels plus tard, je suis debout sur ma chaise, tout le monde danse, la vie est belle. « Les chaises c’est fait pour s’asseoir », me lance un placeur aigri. Je lui dit que j’avais cru l’espace de quelques minutes à un festival empreint d’esprit jazz, mais que de toute façon mes illusions s’étaient dissipées pendant le concert. Son regard absent montre qu’il n’a probablement pas tout saisi. Nous rentrons nous coucher et sifflotons Watermelon Man dans nos lits.
      Le lendemain nous dormons une bonne partie de la journée, fatigués par dans d’émotions. Le concert du soir : Robin McKelle suivie de Bobby Mc Ferrin. Préférant à une chanteuse un peu fade ressemblant à tant d’autres une belle entrecôte et un gratin, nous sautons la première partie pour nous concentrer sur Bobby. Le vocaliste accompagné des deux musiciens fous du Polygraphe Lounge nous sert une partition a mi-chemin entre le skat et le beatbox. Du grand Mc Ferrin en somme, pour conclure cette première session de concerts.
      On retiendra du gros son et un public insupportable. On fera avec pour les deux prochains concerts en fin de semaine.
      http://www.dailymotion.com/videox16m85

      • 422Commenterhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F422-gui-m-live-at-marciac-je-napplaudis-pas-entre-les-solosGui-M+live+at+Marciac+%3A+je+n%27applaudis+pas+entre+les+solos2008-08-06+15%3A57%3A10Guilhemhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F%3Fp%3D422

      Du jazz en attendant Marciac #7 : Stefano Di Battista

      Guilhem 19.06.08 03:09 jazz, live, Marciac, musique

      Stefano Di BattistaNous réconcilier avec l’Italie, chose ardue après les évènements ayant ébranlé notre cœur gaulois en ce début de semaine. Et pourtant je n’ai pas peur, c’est bel est bien ce que je vais essayer de faire avec le jazzman d’aujourd’hui : Stefano Di Battista. Circonstance atténuante, le saxophoniste italien a fait une grande partie de sa carrière en France, jouant avec les plus illustres de nos compatriotes : Michel Petrucciani, Jacky Terrasson et André Ceccarelli, entre autres. Il commence le saxophone à treize ans, dans une fanfare de quartier. C’est à la découverte du son West Coast d’Art Pepper que ses oreilles ordonneront à son cerveau de faire jouer du sax au p’ti.
      De l’eau a coulé sous les ponts depuis, et notre homme à 39 ans a donné un son plus hard-bop à son jazz, et peut se targuer de collaborations avec Elvin Jones, Aldo Romano ou le défunt Michael Brecker. Peu nombreux de nos jours sont ceux qui groovent comme Di Battista. En plus d’être marrant et détendu sur scène, il nous donne ce que son sax a de meilleur, flirtant parfois avec la funk.
      Une vidéo enregistrée lors de l’émission One Shot Not de Manu Katche pour commencer, et un extrait d’un concert au Duc des Lombards avec le génial Dédé Ceccarelli à la batterie, dans la suite.

      One Shot Not – 23 février 2008

      http://www.dailymotion.com/videox4hwk2
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      • 365Commenterhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F365-du-jazz-en-attendant-marciac-7-stefano-di-battistaDu+jazz+en+attendant+Marciac+%237+%3A+Stefano+Di+Battista2008-06-19+02%3A09%3A19Guilhemhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F%3Fp%3D365

      Du jazz en attendant Marciac #6 : Wynton Marsalis et Richard Galliano

      Guilhem 12.06.08 14:21 jazz, live, Marciac, musique

      Duo inédit (à ma connaissance). Marciac réunira cette année deux légendes vivantes du jazz : Wynton Marsalis et Richard Galliano.
      Trompettiste issue d’une des très grandes familles du jazz, Wynton Marsalis est le fils du pianiste Ellis Marsalis et le frère de Brandford Marsalis, saxophoniste et pote de Spike Lee (Brandford peut aussi se vanter d’une apparition dans les Simpsons). Jazzman controversé, Wynton s’est appliqué tout au long de sa carrière à rester dans la tradition du jazz des années 1960, à la façon du Quintet de Miles Davis. Malgré un énorme talent, il n’a jamais ressenti le besoin de sortir des sentiers du jazz dit classique, au grand dam de nombre de ses contemporains. Habitant à Marciac, il est citoyen d’honneur de la ville et parrain du festival, auquel il a rendu hommage avec son album (et concert) : Marciac Suite. Wynton a également collaboré avec Apple, il y a quelques années de cela, pour une des premières pubs iPod. Aujourd’hui, à 47 ans, il reste un des plus grands trompettistes vivants.
      A ses cotés en cette fraîche soirée, Richard Galliano. Instrument peu répandu dans le jazz (hors manouche), l’accordéon y a pris une place toute particulière depuis Galliano. Adoubé par le maître absolu en la matière, Astor Piazzolla, avec qui il liera une amitié qui durera jusqu’à sa mort en 1992, Richard Galliano à joué avec les plus grands : Claude Nougaro, Chet Baker, Michel Petrucciani… Inventeur du « new musette », un savoureux mélange de musette et de jazz, dans tout ce que l’improvisation a de meilleur, il s’amuse avec les différents genres musicaux en inscrivant à chaque fois sa patte, faite de légèreté et d’envolées à faire exploser les portées.
      Galliano et Marsalis joueront au sein d’un sextet classique, saxophone, contrebasse, piano, batterie. Galliano à déjà joué avec un trompettiste, Paolo Fresu, sur l’album Mare Nostrum sorti récemment, avec Jan Lundgren au piano.

      Galliano, Fresu, Lundgren – Mare Nostrum

      Marsalis solo

      Dans la suite, quelques vidéos des deux musiciens.

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      • 347Commenterhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F347-du-jazz-en-attendant-marciac-6-wynton-marsalis-et-richard-gallianoDu+jazz+en+attendant+Marciac+%236+%3A+Wynton+Marsalis+et+Richard+Galliano2008-06-12+13%3A21%3A26Guilhemhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F%3Fp%3D347

      Du jazz en attendant Marciac #5 : Paquito D’Rivera

      Guilhem 29.05.08 03:00 jazz, Marciac, musique

      Restons en Amérique du Sud, restons à Cuba, restons avec Paquito D’Rivera. Saxophoniste/clarinettiste né sur l’île rouge en 1948, il vit en ce moment à New York comme tout jazzman qui se respecte. Enfant prodige du jazz, il est à sept ans le plus jeune joueur de sax « pro » et intègre un groupe dès l’âge de dix ans. Membre fondateur du United Nation Orchestra de Dizzy Gillespie, jazz band des plus incroyables jamais montés (on y retrouve notamment Steve Turre), il a collaboré avec les plus grands, dont Bebo et Chucho Valdes, pour ne citer que deux cubains père et fils. Il est aujourd’hui il l’un des papes du latin jazz, ce qui ne l’empêche pas de varier les plaisir, ainsi a-t-il participé à la B.O. d’Happy Together de Wong Kar Wai, et enregistré de nombreux featurings, parmi lesquels nous pourrions citer un duo avec Diego el Cigala, plus grand chanteur de Flamenco encore en vie.
      D’Rivera jouera à Marciac le lundi 11 août, en première partie de Chucho Valdes, dont je vous parlerai la semaine prochaine.

      Moult vidéos vous attendent évidemment dans la suite…

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      • 3381 commentairehttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F338-du-jazz-en-attendant-marciac-5-paquito-driveraDu+jazz+en+attendant+Marciac+%235+%3A+Paquito+D%27Rivera2008-05-29+02%3A00%3A09Guilhemhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F%3Fp%3D338
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