Guilhem 16.04.09 09:00 jazz, musique
On a déjà parlé sur ce blog tendance, culturel et classieux du documentaire de Bruce Weber sur Chet : Let’s Get Lost. Comme nous l’avions dit à l’époque, le docu se compose de deux parties, des entretiens avec le trompettiste et ses proches et le making-of des séances d’enregistrement d’un album écrit pour l’occasion. Ayant porté aux nues le docu dans la rubrique ingénieusement prévue à cet effet, parlons ici de l’album !
Il est enregistré en 1986, deux ans avant la mort du chanteur, alors que Chet est fatigué et usé par la vie. On le voit dans le docu, on l’entend sur les enregistrements, sa voix est hésitante, il manque de souffle, la fin approche. Et pourtant, il s’agit pour moi d’un des meilleurs albums du trompettiste. Qu’importent les approximations techniques, du moment que la vérité est là ! Sur ce disque, Chet ne ment pas, ne couvre pas ses défauts par des figures de style, il préfère jouer vrai, raconter ses derniers souvenirs. « Imagination is funny, it make a cloudy day Sunny… »
Certains jugeront qu’il chante faux, je dirais qu’il est sentimentalement juste. Je vous laisse apprécier la version coolissime de Zingaro, et les interprétations plus personnelles d’Almost Blue et de For Heaven Sake.
Cadeau : Blue in Green live…

Guilhem 02.04.09 13:11 hip-hop, jazz, musique
Beau temps, soleil, jupes courtes… Rien de tout cela ne vous aura échappé. L’arrivée des beaux jours, c’est le moment où jamais d’écouter un peu de bossa. Mais avant tout, ne ratons pas une occasion de nous cultiver : dans les années 1950, un petit groupe d’étudiants de Rio en a un peu marre de la musique traditionnelle brésilienne. Trop de samba, trop de batucada, ça fatigue de violemment shaker son booty tous les soirs. Décidés à inventer quelque chose de nouveau, plus frais, plus doux, plus proche du passement de jambe chaloupé et élégant d’un Kaka que d’une roulette-virgule-talonnade à l’aveugle d’un Ronaldinho, ils s’inspirent du samba-canção traditionnel pour inventer la bossa-nova. Relayé par Joao Gilberto, le genre connaîtra son apogée dans les années 1960, et un renom international quand Stan Getz importera cette musique aux États-Unis.
Espérant que vous connaissez déjà tous Getz-Gilberto, album phare de la période, j’ai préféré aller vers un autre disque réunissant Stan Getz, Luiz Bonfà et Antonio Carlos Jobim, un peu moins connu mais tout aussi bon. Signalons, juste avant de conclure, le morceau Saudade Vem Correndo, samplé par les Pharcyde sur Runnin’.
Bref, une note de sax valant mieux qu’un long discours, je vous laisse appuyer sur lecture.
Les Pharcyde et du samba-canção dans la suite…
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Guilhem 05.03.09 07:13 jazz, musique
Parfois la mort d’un artiste, de par la communication qui l’entoure, vous amène, par une malheureuse fortune, à le découvrir. Je le concède sans rougir, la chanteuse dont je vais parler aujourd’hui m’était encore inconnue jusqu’à ce 7 février, date à laquelle elle a eu la mauvaise idée de s’éteindre.
Blossom Dearie nous à donc quitté il y a un mois à l’age de 84 ans, de mort naturelle. Chanteuse de jazz blanche, elle avait peu de chance de son coté pour me plaire. Mais à tout hasard, intrigué par cette découverte, je penche mon oreille vers quelques enregistrements. Et là surprise !
Moi qui pensais, grâce aux Madeleine Peyroux et autres Diana Krall, qu’une chanteuse blanche était forcement une chanteuse inhabitée et fade, Blossom Dearie venait me rappeler à l’ordre de sa voix douce et délicate.
Née en 1924 à East Durham, elle s’installe dans les années 1940 à New York, où elle finira sa vie. Blossom Dearie était son vrai nom, comme s’il était écrit qu’elle apporterait au vocal le contrepoids parfait aux voix fortes et directes des chanteuses noires de l’époque. Pianiste de talent, elle avait également le bon goût de s’accompagner au clavier dans une ambiance de cool jazz, jamais une note plus forte que l’autre, juste de quoi agrémenter un après-midi de début d’été dans le Village.
Give Him the Ooh-La-La, son troisième album sorti en 1958, en est le parfait exemple. Tout simplement accompagnée par Herb Ellis (g), Ray Brown (cb) et Jo Jones (dms), cet album est un beau panel de ce que Dearie nous offre de plus cool et jazzy. Le morceau d’intro Try Your Wing est tout en tendresse et en sucre, pour commencer un album qui sent bon la naïveté et l’insouciance que peuvent parfois nous donner le vocal.
Je vous conseille également de vous pencher vers Blossom Dearie, son premier album sorti en 1956.
Guilhem 10.02.09 19:04 jazz, musique
Orlando « Cachaito » López est mort. Contrebassiste du Buena Vista Social Club, il faisait partie des grands noms du jazz cubain. Ne venant pas de nulle part, l’histoire raconte que son père et son oncle auraient inventé le mambo, si peu. Cachaíto a bien évidemment joué avec tout le jazz cubain, les membres du Buena Vista mais aussi Pee Wee Ellis. Il aurait aussi collaboré avec Dee Nasty (?!).
La jeune garde du jazz cubain ne s’y trompe pas et en 2007, Roberto Fonseca, jeune espoir du piano cubain, lui rendait hommage de son vivant avec le morceau Llego Cachaito dans son dernier album, Zamazu.

Guilhem 05.02.09 20:35 jazz, musique
Billy Cobham est un des batteurs les plus cool de l’histoire de la musique cool. Pas besoin d’argumenter pour le prouver, il suffit juste d’écouter sa musique.
Il a fait le plus gros de sa carrière en tant que bandleader, il a joué avec quelques pointures : Miles Davis, John McLaughlin, Freddie Hubbard, etc.
Trouvant que le jazz avait parfois des côtés trop guindés et que la funk avait des côtés trop simplistes, il décide de se placer dans un subtil entre-deux, pour notre plus grand bonheur.
A Funky Thide of Things sort en 1975 chez Atlantic. Album à la couleur plus que funky, il ravira vos après-midi chantantes et fera booty-shaker les plus artrosées d’entre vous. Et si vous doutiez de ses capacités de batteur, le morceau A Funky Kind of Sings (track #07) est là pour vous aider. Peace !