Dure est la vie publique du jazzman français. Né à Nice en 1937, surdoué du jazz, saxophoniste reconnu, Barney Wilen ne sera pour autant pas entré au panthéon du jazz national, si ce n’est dans le cœur d’une poignée d’amateurs.
Il commence le sax très jeune, motivé par Blaise Cendrars, ami de sa mère, qui aimait l’écouter. Paris, à 20 ans, il traîne son saxophone dans toutes les caves, impressionne tout le monde, enregistre ses premiers albums en leader, précoce. Adoubé par le roi Miles, il joue à ses côtés sur la fantastique B.O. d’Ascenseur pour échafaud. S’en suit une traversée du jazz, toujours juste dans son époque. Il fait du free, des albums conceptuels, part en Afrique chercher les racines de sa musique, toujours avec ce son d’une sensibilité méditerranéenne.
Ce documentaire, réalisé par Stéphane Sinde en 2006, mêle images d’archives et entrevues avec des amis, étale la nonchalance avec laquelle Barney survole la vie, ne faisant vraiment corps qu’avec son instrument. Joie de l’Internet moderne, l’intégralité du documentaire est disponible sur YouTube en six parties.
Quand on est le meilleur vibraphoniste, qu’on a joué avec Dizzy Gillespie, Miles Davis, fondé le Modern Jazz Quartet, il est aisé de réunir autour de soi les meilleurs musiciens de son époque pour enregistrer. C’est ce qu’a fait Milt Jackson sur son album Sunflower, sorti en 1972 chez CTI. Ron Carter, l’habitué, Herbie Hancock et Billy Cobham, les gardiens du groove, et Freddie Hubbard, la cerise sur le gâteau. Beau line-up, arrangé par Don Sebesky, qui a notamment collaboré avec Chet Baker et Paul Desmond.
Il est vrai que parfois l’addition de génie engendre un résultat médiocre. Ici guidé par l’aura de leur leader, chacun donne le meilleur de lui-même, quitte à freiner ses ardeurs funky pour rendre une copie parfaite, un album chilly idéal.
Un live à Las Vegas, ça n’a jamais vraiment fait rêver que l’amateur de Tom Jones, voire de Céline Dion pour les plus violents de nos lecteurs. Et pourtant c’est bien un live de jazz dans la ville du jeu dont on parle aujourd’hui. Dave Brubeck, le pianiste à lunettes adulé de l’étudiant blanc de la West Coast, qui avait eu le bon goût de s’entourer de Paul Desmond, joue donc une série de thèmes autour du jeu (Chicago, Ace in the Hole…). Le jazz-geek appréciera l’humour cool jazz de l’époque. Toujours à la frontière de l’ennui, Dave Brubeck avait parfois la bonne idée de se lâcher un peu, et c’est ce qui arrive pour notre plaisir dans cet enregistrement de 1965. Paul Desmond, comme à son habitude, est tout en classe et en détachement, pour servir le son sucré qui sort de son alto.
Dexter – Hi-Hat Club Vol.3 / The Jazz Files : troisième opus de la « producer series » du label MPM (Melting Pot Music), fondé en 2002 par Oliver « Olski » von Felbert. Parmi les signatures d’MPM : DJ Day, A-ko, Devil McDoom, Hawkeye, Le Scratchfunk, Upskiboo ou Imperial Breed. Du hip-hop en provenance d’Amsterdam, Palm Springs, Copenhague, Paris, Hambourg…
Dexter a 26 ans, il est DJ et MC, membre du collectif allemand Wortsport. Il a composé des beats pour Morlock Dilemma, Damion Davis, Jaques Shure, Audio 88 & Yassin et Retrogott. Dans cet album, à paraître la semaine prochaine, il s’intéresse à la love affair entre jazz et hip-hop, inspiré par Wes Montgomery et Ramsey Lewis, Sun Ra et Dave Pike, fort de l’héritage de la grosse collection de disques de son papa. http://www.vimeo.com/9548141 Lire la suite
Dans le Snow White Betty Boop cartoon des Fleischer Brothers, Cab Calloway, dans la peau de Koko le Clown, chante un étonnant St. James Infirmary Blues.