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    • Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #04 : Assassin – Esclave de votre société

      Norman 27.02.09 23:44 hip-hop, musique

      J’imagine que vous l’attendiez avec impatience, en quatrième place voici l’un des meilleurs et tout premiers groupes de rap en France, j’ai nommé Assassin, sans qui le hip-hop hexagonal n’aurait sans doute jamais eu l’ampleur actuelle. Bien qu’il ait profondément marqué la culture rap en France, et même contribué à son développement, c’est un groupe qui, à ce jour, n’a jamais eu d’équivalent digne de comparaison. Mis à part dans le punk peut-être, puisqu’à l’instar du Béru, les textes d’Assassin m’ont aidé à forger mes convictions politiques en plus de renforcer mon goût pour le terrorisme poétique. A l’époque je manquais de maturité, et donc comprenais mal ou n’aimais tout simplement pas certains aspects de leur musique, je me suis donc forcé à apprécier Assassin, car j’admirais Rockin Squat, je le trouvais charismatique et malin, de plus j’aimais faire de la provocation en me vantant d’écouter un groupe dont le nom était Assassin… Je pensais faire flipper les beaufs et les adultes. Bref, j’étais plus attiré par l’énigme qu’ils représentaient que par le contenu de leurs disques.

      Assassin se forme en 1985, ses membres DJ Clyde, Doctor L, Solo et Rockin Squat font partie des premiers crews de graffeurs du Nord de Paname et côtoient les célèbre DRC, TCG, ou Graffiti Kingz mais aussi les bandes de zulus et autres chasseurs de skins de la capitale. Le principal MC, Rockin Squat, de son vrai nom Mathias Cassel, est le fils de Jean Pierre et le frère de Vincent. Par chance il hérite de la fibre artistique familiale mais préfère effectuer ses performances dans l’ombre de l’underground, à l’abri de la mode, du système et des médias de masses, qu’il considère comme corrompus et médiocres. Cette double identité publique dérangeait, certains auditeurs critiquaient Squat qu’ils considéraient comme orgueilleux et moraliste. Le message d’Assassin a souvent été mal compris et injustement discrédité, j’avoue avoir eu du mal moi aussi à pénétrer dans l’univers lugubre et complexe de ce groupe qualifié de trop intellectuel, un désavantage qui soi-disant ne les rendait pas accessibles a tout le monde. Certains trouvaient que Rockin Squat agissait avec une condescendance de bourgeois qui voudrait se délester de la culpabilité d’être plus gâté que d’autres, en faisant la morale aux pauvres analphabètes des cités. Effectivement Squat avait la chance de pouvoir profiter d’une bonne éducation et d’une culture riche et variée, mais ne serait-ce pas plus délictueux que de ne pas utiliser son savoir plutôt que d’essayer, par le biais du rap, de mettre ses connaissances au service de ceux qui n’ont pas le même niveau d’éducation ? Il n’y a rien d’orgueilleux ou de mal là-dedans, Rockin n’a pas la prétention d’arriver en sauveur ni même de détenir la vérité absolue, il aurait pu aussi bien rester se la couler douce aux frais du vieux, à se shooter à l’héro avec les enfants déchus des autres célébrités, sans se soucier du sort de rien ni personne. Il sait que son action ne changera pas la face du monde mais que toute contribution au combat pour la justice et la paix, aussi modeste soit-elle, est nécessaire si l’on veut vraiment changer la conjecture de notre monde pourri, et que pour cela l’éducation et le savoir sont les meilleurs moyen d’y parvenir.

      Il n’y a pas de doute, Rockin Squat est un mec sincèrement concerné, comme il l’écrit, sa « mission est artistique… » mais c’est la force des choses qui le pousse à réagir. Par humilité donc, mais surtout pour ne pas devenir une idole ou le porte-parole d’un mouvement singeant les systèmes critiqués, Squat n’apparait jamais à visage découvert sauf dans quelques très rares vidéos comme celle-ci. Malgré son allure menaçante de terroriste en fuite, et cette voix farouche qui le caractérise si bien, Rockin est un des rares rappers considérés comme underground et hardcore qui appelle à la non-violence et qui ose dire sans honte des mots comme « amour », « paix », « unité » ou encore « livre » et « musée ».

      Au fil du temps j’ai appris à comprendre Assassin, il faut s’accrocher pour saisir la véritable essence de ce groupe. Si vous ne connaissez rien d’eux voici l’occasion pour vous de commencer à les découvrir en douceur et dans un sens chronologique, avec ce morceau Esclave de votre société extrait de leur premier album Note mon nom sur ta Liste sorti en 1991.

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      Fistful of Moguls : des bosses et du style

      Jordan 27.02.09 22:25 sport

      Que dire de Fistful of Moguls qui n’ait pas été déjà écrit par un skieur à la glisse tendue mais à la prose chaloupée..?

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      L’album de la semaine #09 : Da Bush Babees – Ambushed

      Guilhem 26.02.09 08:54 hip-hop, lol, musique

      Ambushed CoverTrio originaire des Antilles, Da Bush Babees est formé en 1992 par Mister Man et Babe-Face Killa qui décideront, un peu plus tard, d’intégrer Y-Tee afin de donner un coté plus reggae, proche de leurs origines, à leur hip-hop. Sorti en 1994, Ambushed est leur premier album. Les Babees produisent ce hip-hop à l’allure vénère mais résolument tourné vers le fun à la façon de Cypress Hill ou des Beastie, avec une pointe de Colombo en plus.
      Mais au fond le réel intérêt de ce groupe, c’est que Babe-Face Kaos a exactement le flow qu’aurait Gilbert Gottfried si ce dernier s’était tourné vers les renois avec des casquettes à l’envers, plutôt que sur les blagues les plus crades et salaces que le stand-up new-yorkais ne le permet.
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      Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #05 : Afro Jazz – Strictly Hip Hop

      Norman 25.02.09 02:20 hip-hop, musique

      Allez ! Tout les wak baissent leur froc, en cinquième position, place aux soldats de l’underground guerilla, voici un autre de mes groupes favoris, Afro Jazz. Leur album Afrocalypse sorti en 1997 est un disque que je fais cracher régulièrement depuis dix ans sans jamais me lasser et en kiffant toujours plus à chaque nouvelle écoute, je l’adore du premier au quinzième titre, l’interlude oldschool inclus. Il a même pris de la valeur au fil du temps en devenant le meilleur vestige de mon ancienne et regrettée collection. Si vous ne le connaissez pas, il est indispensable et même urgent de vous le procurer. C’est en 1996 que Daddy Jokno, Jahyze et Robo, les membres d’Afro Jazz enregistrent leur premier maxi trois titres sous la tutelle de Joey Starr et de Lucien ; le disque se trouve être très bon, le groupe est à l’avant-garde d’un renouveau du real hip-hop et choisit pour cela un visuel évocateur : le vinyl est estampillé d’une plaque d’égout sur laquelle est marqué le titre Perle noire. Afro Jazz sort de l’ombre cette année là, et suggère avec insolence que les trésors se trouvent dans l’underground.

      Suite à des concerts bien accueillis en premier partie d’NTM, Afro Jazz enregistre alors en 1997 Afrocalypse, à New york, et s’entoure pour cela de quelques-unes des plus importantes figures de la scène underground française, en se faisant accompagner par l’énigmatique mais non moins célèbre DJ Clyde, ancien Assassin qui est aussi à l’origine de leur maxi Perle Noire, mais également d’albums cultes comme Paris sous les Bombes ou Note mon Nom sur ta Liste. A la prod’, Clyde fait appel aux américains Buckwild de Notorious B.I.G., Diamond D et Da Beatminerz. Côté MC, il y a aussi du lourd avec NTM et deux nouvelles participations exclusives du vieux Lucien Revolucien aka Papalu, qui apparaissent sur les morceaux La guerre des nerfs et le titre qui nique le président de l’état français : Parias vs États. Bref, un projet de rêve pour les fans d’authentique rap hardcore & underground, un style auquel le public français était encore trop peu habitué, et c’est sans doute pour ça que la sortie de cette production couillue aux sonorités new-yorkaises fut un pitoyable échec. Certes, leur objectif audacieux était décalé pour son temps, beaucoup de MCs français se sont déjà ridiculisés en plagiant le style américain, mais je trouve justement dommage qu’Afro Jazz n’aie pas eu la considération qu’ils méritaient pour avoir triomphé avec panache là où tout le monde avait lamentablement échoué.

      Le style East Coast de l’ancienne école et le besoin d’un retour à l’authenticité n’a pas toujours été le fer de lance des rappers, encore moins une tendance marchande comme ça le devient de nos jours. A l’époque de la sortie d’Afrocalypse, le rap devenait une culture à la mode, les radios ainsi que la presse spécialisée préféraient alors élargir leur champ d’audience à des profils d’auditeurs plus dociles mais par la même occasion moins hardcore et surtout moins puristes. Pour ne pas froisser ce nouveau public il valait mieux édulcorer le genre en diffusant l’idée formaliste mais beaucoup plus commerciale que le hip-hop ça n’est pas inaccessible, que parfois cela peut être dur mais pas forcément hardcore, et qu’il ne faut pas forcément souffrir de racisme ou d’abandon social pour rapper, voire même ne pas souffrir du tout… C’est à cause de cette propagande commerciale que le rap tel qu’il a été créé n’existe pratiquement plus aujourd’hui, et que des groupes comme Afro Jazz n’ont pas le succès mérité.

      Évidemment ils se démarquent de la tendance et font flipper tout le monde. Ces mecs là arrivent en treillis, n’esquissent jamais un sourire et grognent de façon menaçante des lyrics condamnés pour leur caractère afro-identitaire par les même gros cons fachos qui n’entravaient déjà rien aux provocations cyniques du Ministère A.M.E.R.. En plus de leurs attitudes audacieuses qui repoussent l’opinion publique, ils ne trouvent rien de mieux à faire que de collaborer avec le plus hardcore, le plus sulfureux, le plus cool des MC, j’ai nommé le meilleur rapper de toute l’histoire du hip-hop Osirus aka Big baby Jesus aka Ol’dirty Bastard, qui était considéré comme infréquentable voire dangereux. Bref, Afro Jazz intimide et s’isole du reste de la scène française à cause de cela. Et ce malgré la bienveillance de Cut Killer qui leur dédie une mixtape entière, à laquelle participe entre autres Rockin Squat, une tape aux accents toujours américains mais avec un style plus mainstream.

      Rien n’y fait et le public dérouté n’arrive pas à comprendre les intentions du groupe hardcore aux paroles pourtant simples et explicites. « Authentique style, authentique hip-hop, je n’suis pas le genre d’MC qui porte des jeans Pantashop. Moi c’est x-tra x-tra large avec un beat qui mash up« , ou encore le genre de truc que personnellement je kiffe grave : « Mais si un animal donne des animaux. Alors le manimal, donne des manimaux. Manie les mots, comme un dingue un flingue, quel que soit le moment, j’n'ai pas besoin de seringues de pfff j’suis déjà dans mon élément. Le hip-hop est ma dope, je n’ai besoin de rien d’autre, Mon nigger si, mon équipage, mon bedo, mon zinc. »

      Ne sachant comment appréhender ce style de rap ultra-virulent, la plupart des gens mettent bêtement de côté ce groupe auquel ils ne pouvaient pas s’identifier, et se réfugient auprès d’idoles sympathiques mais artificielles desquelles Afro Jazz conseille justement de se méfier dans le morceau Sucker MC. A l’époque, même les connaisseurs, qui savaient qui était Afro Jazz, ne remarquaient pas toujours la qualité indéniable de ce groupe. C’est à ne rien y comprendre puisqu’Afrocalypse, à mon avis, représente une bonne synthèse de ce qui s’est fait de mieux en matière d’underground dans le hip-hop français et américain. L’influence majeure vient directement du style hardcore des rappeurs East Coast, à la manière d’un KRS-One ou du Wu-Tang à l’époque Protect Ya neck et Brooklyn Zoo. Afro Jazz fait dans le gros rap couillu à base de beats lourds et brutaux, d’instrumentaux jazzy souvent menaçants, de flows agressifs et tapageurs, de voix rauques avec lesquelles ils mugissent leur lyrics crus, engagés, hardcore et sans pitié. Du super lourd je vous dis ! Alors roulez vous un énorme bédo, faites cracher le son de vos enceintes et surtout ne restez pas assis pour regarder cette tuerie qui s’appelle Strictly Hip Hop.

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      La photo du mardi #11 : Blind, regards croisés de qualité

      Jordan 24.02.09 18:05 photo

      blindOfficiellement, nous ne respectons pas de quotas sur Taorama. Bon, parlant souvent de musique, nous sommes amenés à sur-représenter les noirs, qui comme chacun sait ont le rythme dans la peau. Concernant les Chinois, nous avons un tag « nippon » qui englobe généreusement tout ce qui se trouve à l’est de l’Oural, de toute façon quelle différence ? Au niveau des Arabes, nous avons en archives quelques posts pro-palestiniens qui devraient nous assurer une bonne crédibilité sur tout le Moyen-Orient.
      Le problème des couleurs semble ici ne pas en être un. Restent les autres minorités visibles : les femmes et les handicapés. C’est pour des raisons purement pratiques qu’il n’y a pas beaucoup de femmes sur Taorama : la régie publicitaire Google Ads interdit les contenus pornographiques. Il ne reste donc pas tellement d’axes éditoriaux pour traiter de la chose. Au sujet des handicapés, là je dois avouer que nous n’avons pas vraiment d’excuse, si ce n’est que dans un souci de maximisation de notre audience, nous prenons soin de ne pas montrer d’images choquantes ni d’évoquer des sujets trop rébarbatifs comme la myopathie.

      Pour changer donc, et copinage oblige, je vous présente aujourd’hui l’initiative touchante de quatre jeunes hommes atteints de cécité visuelle (dans des états respectifs allant de « grave » à « totalement aveugle tendance freaky »), devenus, par la force du poignet et la bienveillance de l’Éducation nationale (dont on perçoit ici toute l’absurdité de sa politique d’assistanat), photographes professionnels. L’ironie, qui saute aux yeux, est au service d’un combat militant pour la cause des mal-voyants, peine perdue mais laissons-les rêver.
      Parce que je leur ai promis, je vous colle le lien vers leur site, qui vient d’ouvrir. Ne perdez pas trop de temps à regarder leurs travaux, les malheureux ont des petits problèmes de focus, quant aux photos qu’ils développent eux-mêmes, je vous laisse imaginer le massacre…

      www.blind-collectif.fr

      Très moyenne blague à part, Gui-M, Ludo, Yann et Pascal sont très talentueux et pas encore trop chers, donc si vous êtes curieux, visitez régulièrement leur blog pour découvrir leurs nouveaux projets, et si vous avez besoin d’un voire de quatre photographes, n’hésitez pas à les contacter !

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      Michel Gondry + Flight of the Conchords = Carol Brown

      Jordan 23.02.09 21:19 lol, musique, série

      Extrait de l’épisode s02e05 de la série chantée par le duo folk néo-zélandais, diffusée sur HBO.
      Les images sont signées Michel Gondry.
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      Dans la suite, too many dicks on the dancefloor !
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      Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #06 : Sléo – Je lance les dés

      Norman 22.02.09 23:10 hip-hop, musique

      Pour la sixième place, j’ai pensé qu’il serait bon de re-voir ou de découvrir un groupe notoire dans le milieu hip-hop underground. Les deux MCs très discrets Sly D.O. et Jazzy Ko n’ont jamais eu de succès commercial, et pourtant ils font partie des fleurons de la scène française. S’ils sont mal connus, ce n’est pas parce que leur groupe Sléo n’en vaut pas la peine, mais parce que leurs aspirations artistiques les restreignent à un public strictly hip-hop, et les libèrent ainsi des pressions de la mode et de la production commerciale. Avec Sléo, la culture hip-hop est représentée sous sa forme la plus originelle, l’adversité dans la rue et tous les autres thèmes qu’on retrouve souvent dans les paroles de rap sont aussi abordés, mais sous un aspect un peu plus optimiste que chez la majorité des groupes. La légèreté de leurs paroles n’empêche pas d’apprécier leur vision d’une réalité difficile mais sans se cantonner uniquement aux moments hardcore et violents de leurs vies. J’ai toujours admiré Sléo pour cette force tranquille dont ils faisaient preuve dans leur rap comme dans leur carrière. Ils n’ont pas besoin d’être craints pour se faire respecter, comme ils l’expliquent clairement sur le titre Le respect sans les armes, tiré de L’essence du combat, leur second et meilleur album. Lorsqu’ils sont au micro, ce qui prime avec Sléo, c’est de faire du véritable hip-hop, et c’est en cela qu’ils se rapprochent de groupes phares tel que Das EFX ou A Tribe Called Quest. Pour Sléo comme pour les précurseurs américains, rapper est un numéro d’acrobaties verbales, la diction un sport de combat et le jazz leur ancêtre.

      Leur aplomb, leur aisance, ainsi que la forte influence des États-Unis sur leur style n’ont rien de surprenant puisque dès leurs débuts en 1993, ils enregistrent en studio sous la tutelle du vénérable JimmyJay, pour le premier opus de ses prestigieuses Cool Sessions aux côtés de l’immense Lucien, des Sages Po’, des Démocrates D ou bien encore, pour ceux qui suivent, d’MC Solaar. JimmyJay était le producteur de la crème du hip-hop au début des années 1990, ami d’Afrika Bambaata et habitué des projets connectant la France aux USA ; en 1994 il accompagne aussi Sléo à New York pour y enregistrer leur premier album Ensemble pour 1 nouvelle aventure aux studios de Sterling Sound, le même que celui d’A Tribe Called Quest, The Roots ou même encore Run DMC. Bref, Sléo est au cœur du mouvement Rap et enchaîne les collaborations avec les plus grands. En France, ils participent régulièrement aux compilations de Cut Killer, comme sa série des Hip Hop Soul Parties ainsi qu’aux mixtapes de DJ Poska et du trop peu connu DJ Logilo. Comme ils sont prolifiques et réputés, ils collaborent aussi avec Fabe, Khondo, Puzzle, La Cliqua, et Lady Laistee. Ensemble ils apparaissent sur les grandes compilations de rap français et contribuent mutuellement aux projets solos de chacun. Sly Do et Jazzy Ko eux aussi sont appelés à participer au projet désormais culte de la bande Cercle Rouge Production, White & Spirit, Maitre Madj et Jean François Richet, pour le fameux 11′30 contre les lois racistes.

      Les connaisseurs se souviennent sans doute de ce titre qui déchire, Ne joue pas avec le feu, sur leur album Ensemble pour une nouvelle aventure, un featuring devenu culte avec Rocca de La Cliqua, Fabe, le Petit Boss et Lady Laistee. Bizarrement, la règle qui veut que le meilleur album d’un rapper soit son premier ne s’applique pas avec Sléo. Malgré la présence du morceau Le feu sur leur premier album, et mis à part bien sur Je lance les dés et Monnaie de singes, je n’adore pas ce disque, c’est juste moyennement bon, le potentiel existe mais ça manque de pratique et les refrains finissent par taper sur les nerfs. Il faut attendre leur deuxième album L’essence du combat, sorti en 1996, pour ressentir une réelle évolution. Leur style y est plus affirmé et Sléo semble avoir trouvé sa voix, comme on peut l’entendre avec des productions telles que le titre décapant Qui tu représentes, qui met salement les wak MCs à l’amende, ou l’imposant Represent, un featuring avec les New-yorkais de Cella Dwellas. Un autre de leur projet initié par Jazzy Ko et Sly Do, que je connais mal et qui me paraît beaucoup moins intéressant, mais que je me dois de citer, c’est l’anecdotique Mic Dawa Crew, initié par Sly, regroupant des rappers comme Da Mikronik ou encore L’Eskort dont je n’ai jamais rien écouté de sensationnel. Mais Sléo est un groupe au parcours étalé sur plusieurs pays et différents crews, il serait difficile de vous résumer leur carrière riche en rebondissements et collaborations puisqu’ils ont côtoyé, de près ou de loin, la quasi-totalité de la scène française. Malgré cette réputation impressionnante, j’ai eu beaucoup de mal à dénicher un complément au peu d’informations que j’avais déjà à l’époque. Je m’aperçois qu’aujourd’hui ils ont disparu comme ils sont arrivés, sans faire de bruit mais en parvenant toujours à se faufiler pour être vus au premier rang. Comme cet élève anonyme avec lequel on se trouve sur toutes les photos de classe mais dont on ne peut jamais remettre le nom. Le plus important reste qu’ils se trouvaient là où il fallait lorsqu’il le fallait, et même si peu s’en souviennent, ils savent que Sléo n’étaient pas n’importe quel groupe. J’espère que vous serez d’accord avec moi après avoir vu ce clip, dans lequel la jolie Lady Laistee fait une apparition que vous ne louperez pas j’en suis certain.
      Je lance les dés, extrait de l’album Ensemble pour une nouvelle aventure.
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      Friday donuts #04 (on Saturday) : Group Home – Livin’ proof

      Da Mannnish Boy 21.02.09 23:13 hip-hop, musique

      Aujourd’hui, hip-hop encore et encore. Cette fois nous voici en 1995 avec Group Home et le morceau Livin’ proof, issu de l’album du même nom.
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      Composé de Lil’ Dap et Melachi, entièrement produit par DJ Premier à l’exception de deux morceaux, cette véritable œuvre met une très grosse claque au rap new-yorkais du milieu des années 1990.
      Le maitre Primo est ici au sommet de son art, construisant des beats au son crade, touchant presque à une sorte de pureté du hip-hop. Certains considèrent que c’est le plus grand album qu’il ait produit, mais chacun est libre de son jugement, lorsque l’on connait aussi les albums de Gang Starr ou Jeru The Damaja et la multitude de tueries qu’il créa pour les mythes que sont Notorious Big, Nas ou encore Rakim.
      L’album de Group Home regorge de morceaux épurés, de samples découpés, retournés, décomposés, et nos deux compères MC s’en donne à cœur joie pour conter les cotés sombres des rues de New York, armés de flows et de lyrics singlants.
      Vous l’aurez compris, cet album est un classique parmi les classiques. Mais n’est pas disponible sur Deezer… Alors démerdez-vous pour le trouver !
      En bonus dans la suite, parce que je suis quand-même sympa, le clip du morceau Supa Star.
      SAY REAL HIP HOP !
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      Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #07 : Ideal J Junior – Danse avec moi

      Norman 20.02.09 17:25 hip-hop, musique

      En septième place, j’espère vous combler avec cette vidéo que l’on diffuse trop rarement, après les jumeaux gued1, voici venir les plus jeunes rappers du classement. En effet, les deux MCs Daddy Kery et Alter n’ont pas plus de quatorze ans, mais ne vous laissez pas attendrir par leur jeune âge, car leur message n’a rien d’une comptine et s’avère être des plus solennels. Il faut bien comprendre que je n’ai pas choisi ce clip parce que je trouvais amusant ou même adorable la simple idée de voir des gamins rapper avec une voix fluette et singer les plus grands lorsqu’ils parlent de problèmes liés à notre société. Ideal J Junior, ce n’est pas l’école des fans du ghetto. La qualité des deux seuls et uniques morceaux de ce groupe n’a rien de dérisoire face à de célèbres titres comme Esclave de votre société d’Assassin ou encore Authentik d’NTM. Le groupe, fondé en 1989 sous la tutelle de Manu Key, est composé de quatre membres, Lil Jahson, Alter, Mista Flo, DJ Medhi et Daddy Kery que le public connait mieux aujourd’hui sous le blaze de Kery James. Malgré leur jeunesse, le groupe fait preuve d’un sens de l’engagement politique plutôt lucide, et ils l’expriment avec une radicalité rare pour des adolescents. Sur leur autre titre La vie est brutale, sorti en 1992, Daddy Kery décrit déjà de la façon hardcore qui le caractérise la peine et la haine que provoquent chez lui la déchéance sociale des citées françaises, et la passivité du gouvernement face aux appels au secours de ses habitants.

      Kery n’a depuis jamais perdu de vue ses objectifs en tant que porte-parole de la banlieue, mais lorsqu’il revient en 1996 avec Original MCs sur une mission, le ton s’est endurci et la détermination toute fraîche d’Ideal J Jr a laissé place au pessimisme amer d’un Kery James adulte. Le style est plus assuré, les paroles sont plus crues, le message se veut simple et clair, on oublie la fantaisie et le flow tonitruant du rap 80’s, les instrumentaux mieux élaborés sont plus graves, mais les intentions restent les mêmes. Bref, Ideal J n’a plus du tout envie de rire. Le titre que je préfère, Je dois faire du cash, est le fruit d’une rage pure et sincère de caillera prête à partir au combat. J’aime beaucoup ce morceau que je trouve vraiment prenant d’honnêteté, et qui marque le retour d’un Kery mature, mais glacial : « Nouvelle année, nouvelle ère, nouvelle réalité, le fric contrôle le monde et dans le ghetto beaucoup de salauds sont armés« . Le flow efficace des formules angoissées de Kery s’accorde en parfaite harmonie à l’instrumental mélancolique de DJ Medhi. Ce disque est une des raisons pour laquelle j’aime et respecte Kery en plus de sa carrière avec les Ideal J Jr. Si vous ne connaissez pas encore cet album, je vous conseille vivement de vous le procurer, que vous soyez fan ou nom de Kery.

      Cette dévotion corps et âme aux causes qui le concernent, force définitivement le respect, mais peut aussi effrayer lorsqu’on en observe les dérives. Quand le radicalisme se transforme en désespoir, généralement cela augure un basculement vers l’extrémisme, ce qui finit malheureusement par arriver à Kery James. Suite à la mort de l’un de ses amis proches et certainement à d’autres évènements traumatisants que je ne connais pas, Kery laisse à nouveau le rap de côté pour se convertir à l’islam. C’est à ce moment là que les intentions et le discours changent, et pour ma part c’est à ce moment que je cesse d’admirer Ideal J. Cette illumination soudaine lui enlève sensiblement sa liberté intellectuelle, et pourtant c’est une stabilité idéologique qui me paraît cruciale pour le porte-parole de types déjà confus et énervés. Lorsque Kery raconte le ghetto français en 1996, on reste dans le cadre d’un message social collectif, en revanche, lorsqu’il condamne les pédés dans Paname et le dévergondage des femmes en 1999, on se retrouve dans le cadre d’une propagande religieuse raciste et conservatrice qui, par définition, n’est plus un combat pour changer le monde, et encore moins une digne lutte pour la justice et les droits des individus opprimés. En plus de son objectivité idéologique, la religion a aussi étouffé le peu de passion et de créativité qui subsistait chez lui. Ses constantes allusions au Diable, à l’enfer, au Jugement Dernier, à l’Apocalypse, et aux nombreuses autres catastrophes divines les plus absurdes sont faites avec un premier degré qui d’abord peut faire rire, mais ensuite vomir et finalement carrément flipper. Lorsque j’écoute certaines de ses récentes productions, je ne reconnais plus vraiment le Kery que j’écoutais lorsque j’étais minot, mais un fanatique dépressif qu’on a lobotomisé, et qui rappe par réflexe de survie et non plus par conviction personnelle. Ce qui me déçoit le plus, c’est qu’avant qu’il ne donne son cerveau à Dieu, ses similitudes avec Assassin étaient nombreuses. Kery James avait ce style cinglant qui me rappelait un peu celui de Rockin Squat, cette même sévérité, et cette façon très sérieuse d’appréhender le hip-hop comme un moyen de protestation crucial pour instruire et faire bouger leur public. Comme Rockin Squat, Kery James semblait conscient de l’influence qu’avaient ses textes sur ses auditeurs, il en acceptait la responsabilité. Bref, initialement leurs objectifs étaient communs et laissaient augurer une carrière intéressante pour Ideal J qui malencontreusement a préféré s’abaisser à respecter des lois préhistoriques et à lutter seulement pour son propre camp. Ideal J est un immense groupe de rap au potentiel gâché, je n’oublierai jamais Original MCs sur une mission et leur brève carrière dans Ideal J Junior. Dont voici tout de suite leur seul clip, Danse avec moi.

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      Un médicament pour les Américains trop sympas

      Jordan 20.02.09 00:48 société

      Avez-vous remarqué comme le Nord-Américain est excessivement charmant ? Il est aimable, souriant, prévenant, c’est indécent. A l’image de cette correspondante d’une camarade de classe qui, en 4ème, semblait vous dire par chacun de ses regards que la découverte mutuelle de vos corps adolescents approchait, et que le kif dépasserait de loin vos espérances les plus nocturnes. Et bien non, elle était juste polie, et vous le montrait avec toutes ses dents.
      En fait, les Américains ne sont pas tous comme ça. Certains sont normalement aigris et ne supportent plus le trop-plein de gentillesse de leurs concitoyens. Qu’ils se rassurent, le Despondex est là pour les guérir.

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        • Ne pas oublier cette sehr schöne parodie de Walter Moers (un mec très bien que j'ai personnellement connu au début des années 80 et qui a... fabou sur De l’humour pour le week-end avec Hitler
        • Ton article est vraiment à péter de rire pour qui a déjà visité Chatroulette. C'est exactement ça…excellent. apou10 sur Chatroulette : typologie à caractère préventif
        • à noter également, le tres bon petit clip de "give me" http://www.dailymotion.com/vid eo/xbbcxr_give-me-s… boukba sur Le live du samedi #39 : Skip The Use @ One Shot Not + NaoWaxxWorld
        • pour exemple, un article parmit les milliers sur le site: le vol Oceanic 815 http://fr.lostpedia.wikia.com/ wiki/Vol_815 noix2muskad sur Lost : le crash du vol 815 en temps réel
        • pour les perdus… ^^ allez sur LOSTpedia ! C'est la bible de lost, je ne peux plus m'en passer. ça permet de mieux comprendre, ainsi que de découvrir... noix2muskad sur Lost : le crash du vol 815 en temps réel
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