Back to the South pour ce clip-hop de fin d’année, avec les Geto Boys. Originaire de Houston, le groupe est composé de Willie D, Bushwick Bill et Scarface.
En 1990, leur album éponyme fait scandale. La chanson Mind of a Lunatic évoque viol, meurtre et nécrophilie. Geffen les lâche. Les textes resteront sans intérêt voire franchement douteux (homophobie included).
L’année suivante, Bushwick Bill, dont le blaze complet est Dr. Wolfgang Von Bushwickin the Barbarian Mother Funky Stay High Dollar Billstir, un peu ivre, se tire bêtement une balle dans l’œil après que sa copine ait refusé de shooter. D’où la ravissante pochette du troisième album des Geto Boys, We Can’t Be Stopped. Dans son premier opus solo (Little Big Man, 1992), Bushwick se compare à Chucky la poupée psychotique… Du temps a passé et le MC préfère aujourd’hui Jésus Christ aux tourments de la gloire et de la rue. Il enregistre en ce moment un album intitulé Testimony of Redemption.
Yes, Yes, Y’all (extrait de l’album The Foundation sorti en 2005)
“This program fuses magic, suggestion, psychology, misdirection and showmanship”.
C’est ainsi que Derren Brown introduit chaque épisode de son show sur Channel4. S’en suit l’un des ses favourite tricks : une caméra filme une cabine téléphonique. Derreck, hors-champ et sans micro, appelle. Un passant vient à décrocher. A peine 4 secondes plus tard, celui-ci s’endort et tombe mollement par terre… A la fin de l’émission l’on verra le quidam se réveiller, parfois de longues heures plus tard, raccrocher le combiné resté dans sa main ou pendu à son fil, avant de s’en aller, souvent comme si de rien n’était.
Ce 18 décembre dernier les Pogues ont, comme en chaque fin d’année, pris d’abordage la célèbre Brixton Academy de Londres pour y donner leur fameux concert de Noël. L’événement, devenu tradition depuis la reformation du groupe, a plus des allures de bacchanale tout-public que celles de simple performance musicale. Initialement nommé Pogue Mahone, titre inspiré par la transcription anglaise de l’expression « Póg mo thóin ! » qui signifie littéralement « embrasse moi le cul » en Gaëlique irlandais, le groupe The Pogues a été formé dans les rues de Londres en 1982 par Shane McGowan au chant et Bodhran, Jim Fearnley à l’accordéon et Spider Stacy à la flûte. Influencé, entre autres, par les Sex Pistols et les Clash, le trio se détache vite des tendances musicales rock de l’époque pour innover et revenir à une musique plus folklorique, mais pas moins moderne. Entre punk-rock dégingandé, chansons à boire et ballades irlandaises, la formation se construit une identité originale. Rapidement rejoint par Jeremy Finer (guitare/banjo), Cait O’Riordan (basse) et Andrew Ranken (percussions & harmonica), les Pogues, déjà réputés des pubs londoniens, se font connaître du grand public en 1984 lors de la tournée des Clash dont ils assurent la première partie. Après s’être séparés en 1992 en raison des errances de plus en plus incontrôlables de Shane, le groupe se reforme au complet en 2001 en hommage à leur amie et chanteuse Kirsty MacColl, décédée le 18 décembre de l’année précédente. Shane a fêté son cinquantième anniversaire il y a deux semaines à Londres, il n’a peut-être plus toutes ses dents mais a su garder sa voix si singulière et son charisme hypnotisant. En meilleure santé qu’il ne le fut un temps, le chanteur a l’air plus serein que jamais, et va bien. Peu importe qu’il ait besoin des paroles, ou bien même qu’il puisse oublier l’espace d’un instant le titre du mélancolique Summer in Siam. Ce ne sont que des détails anecdotiques et sans incidence sur la qualité du concert. Rien qui ne surprenne beaucoup le véritable public des Pogues, lassé depuis toujours des débats voyeuristes et inutiles focalisés sur les « problèmes » entre Shane, l’alcool et certaines drogues illégales. Le sujet est éculé et ne suscite de l’intérêt que chez les polémistes aphones et incultes, bien trop moroses pour daigner regarder au-delà du simple alcoolique à la gueule cassée.
Ce soir là, fans anti-impérialistes des premières années côtoyaient jeunes passablement motivés, punks déchirés torse-nu et familles sagement assises au balcon, à l’écart des effluves tièdes de sueur et de Guinness. Après un contretemps de 20mn dû a un pédalier de guitare noyé sous une pinte de bière qu’a maladroitement jeté un fan un peu trop enthousiaste, Shane arrive enfin sur scène en marmonnant nonchalamment en gaëlique, “Shgot an gho minda” – faut que j’aille pisser -, puis commence le concert dans la joie et l’ébriété par un Streams of Whiskey entrainant. L’assistance joyeuse sautille de manière frénétique et entonne les paroles, qu’elle semble mieux connaître que leur propre auteur. Le concert se déroule agréablement bien. Shane, courtois, ne s’est éclipsé que trois fois en coulisses, juste l’espace d’un morceau, dont, entre autres, l’étrange interprétation de Dark Streets par Spider Stacy. Malgré quelques regrets, notamment la cruelle absence de The Band played waltzing Mathilda ou bien l’instrumental rageur des Wild Cats of Kilkenny, la setlist était comme à son habitude remplie et complète. Le concert se terminera dans les hurlements et l’agitation par The Sickbed of Cuchulainn. Mais ce serait sans compter sur un magistral rappel bien sûr, en compagnie de la jeune Emma Finer qui interprétera Fairytale of New York en souvenir de Kirsty MacColl. Sous une pluie abondante de fausse neige, Emma et Shane valsent, et le public est ému. Dans un dernier sursaut de lucidité, le groupe termine le concert pour de bon par Fiesta et part sous les remerciements et applaudissements.
Ce soir-là, donc, à la Brixton Academy, les Pogues étaient plus en forme que jamais, et tout laisse à penser qu’ils ont encore quelques belles années devant eux. Les fans et moins fans sortaient comblés de cette exténuante Fiesta, et l’on pouvait ressentir, dans l’atmosphère apaisée de fin de concert, cette envie générale de vouloir y retourner le plus tôt possible.
Le pianiste et compositeur canadien Oscar Peterson s’en est allé dimanche rejoindre James Brown.
En 1977, il jouait à Montreux au côté de deux contrebassistes, le danois Niels-Henning Orsted Pedersen (NHOP), disparu l’année dernière, et Ray Brown, que j’ai eu la chance de voir au Blue Note à New York (instant frime de Noël), avant qu’il ne quitte ce bas-monde lui aussi, en 2002.
Quand la SNCF vous joue des tours et qu’à 20h le soir de Noël les trains ne fonctionnent plus, sans la moindre explication, dans le désordre le plus total et témoignant, comme chaque jour sur le réseau Paris Nord, de la plus haute indifférence à l’égard des usagers, deux échappatoires se disputent vos faveurs…
Le premier est un appel du pied vulgaire d’une droite réactionnaire qui se pourlèche les babines en sentant la colère contre les cheminots vous monter aux naseaux. Vous pensez en effet qu’il y a à la SNCF une dramatique surpopulation de sales cons, mais vous les savez concentrés aux directions de la communication, des relations clients et parmi ceux qui considèrent que l’état lamentable des infrastructures en banlieue ne mérite pas qu’on s’y attarde puisque, de toute façon, aller travailler à Paris en voiture est impossible. Trop hostile à l’idée de faire plaisir à un Sarkozy dont le plan de com populiste est bien rôdé, vous préfèrerez à l’inutile courroux une alternative jazzy.
Pour vous réconforter, alors, Nat King Cole chantera une Christmas Song… Et le train partira enfin, en direction d’une canette farcie aux cèpes qui, après tout, méritait bien qu’on l’a désire un peu.