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    • Les Palestiniens votent (Hamas) en masse

      Jordan 26.01.06 12:42 Israël

      Margaret, la correspondante anglophone de Radio Canada, avait décidé mardi d’aller à Naplouse pour les élections. Manon a choisi de l’accompagner, notamment parce que les services de la « fixer » (traductrice au répertoire téléphonique invraisemblable, au bagout incontestable et au sens du journalisme remarquable) coûtent 200$ par sortie, le budget mensuel par journaliste étant de 600$ (déjà dépensés ce mois-ci, c’est certain).
      Comme un homme s’était fait assassiner dans la journée à Naplouse, et que la tension montait à mesure que le vote approchait, la décision fut prise d’utiliser la voiture blindée de Radio Canada. Malgré un passage au garage, le véhicule refusa de démarrer. « Tant pis, nous irons en taxi… » Rassurant ! Finalement nous prenons la voiture de Manon, dont la plaque israélienne peut parfois susciter des regards antipathiques en Palestine, mais au matin de l’élection tout semble très calme. Arrivés à Naplouse, des hommes tirent en l’air à la Kalachnikov. Ils accompagnent seulement un cortège funèbre, qui nous précède. Les déflagrations font tout de même froid dans le dos !

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      L’ambiance est festive et les élections se déroulent d’une manière tout à fait satisfaisante. C’est en tout cas l’avis des observateurs canadiens qui donnaient une conférence de presse ce matin. Ce constat sera confirmé par tous au cours de la journée. Parmi eux l’on a pu croiser le sémillant Éric Raoult, qui ne devait pas se sentir très à l’aise au milieu de tous ces Arabes ! Ou bien peut-être aime-t-il les côtoyer tant qu’ils restent dans leur pays…
      Alors que les sondages à la sortie des urnes annonçaient une victoire étroite du Fatah, le Hamas sort aujourd’hui grand vainqueur de ces élections législatives. La vague verte remporte 76 sièges sur les 132 que compte le Parlement, contre 43 pour le Fatah. Avec une participation supérieure à 75%, c’est un véritable tsunami.

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      Chez les Palestiniens, l’espoir qui domine ne cache pas des inquiétudes. Les réactions, après l’annonce ce soir des résultats préliminaires, ne sont pas très rassurantes. Ehud Olmert à l’issue d’une réunion spéciale a affirmé qu’Israël ignorerait un gouvernement auquel participerait le Hamas. La voie de l’unilatéralisme se confirmerait alors. La communauté internationale est, elle aussi, très frileuse. Les résultats de cette élection ont surpris tout le monde, y compris le parti radical qui ne désirait pas vraiment prendre les rênes du pouvoir. L’objectif était plutôt de constituer une opposition forte, capable d’influencer les décisions de l’Autorité Palestinienne tout en permettant à l’organisation islamiste de travailler à un véritable programme politique et de gagner progressivement une reconnaissance internationale indispensable. Le Hamas aurait alors pu prendre d’assaut le pouvoir aux prochaines élections. Au pied du mur, la tâche s’avère aujourd’hui très compliquée.
      Ce soir le Fatah restait sourd aux premiers appels lancés par le Hamas dans le but de former une coalition. Le parti vainqueur, bien que les résultats lui permettent de gouverner seul, préfèrerait se concentrer sur les ministères de l’intérieur, de la santé, de l’éducation et des affaires sociales. Ces postes correspondent aux compétences que le parti a acquises sur le plan local. Ce sont aussi ceux qui n’impliquent pas de traiter avec Israël.


      Les Palestiniens se sont déplacés nombreux pour des élections législatives animées et contrôlées.

      Mobilisation festive pour un scrutin sous surveillance

      A Naplouse, comme ailleurs en Palestine, observateurs locaux et internationaux ont pu constater le déroulement sans incident d’élections législatives très disputées. Devant chaque bureau de vote, militants et sympathisants des différents partis ont soutenu jusqu’à la dernière minute leurs favoris, dont ils arboraient fièrement les couleurs. La ferveur partisane n’a pas dérangé un scrutin très encadré par les forces de l’ordre.

      Protection rapprochée et escortes armées. Les observateurs internationaux, particulièrement nombreux pour ces élections législatives, s’attendaient à un climat tendu en venant à Naplouse. Avec plus de 300 000 habitants, la plus peuplée des villes de Palestine constitue un enjeu majeur de ce scrutin. Bastion traditionnel du Fatah, le parti au pouvoir, la ville a élu en décembre dernier un conseil municipal dominé par le Hamas. Le jour du scrutin, les rues sont habillées de vert, la couleur du parti radical. Des grands drapeaux décorent les façades de maisons qui, à flan de montagne, dominent le centre-ville. Des banderoles sont accrochées aux fenêtres et les murs sont recouverts d’affiches. Les slogans de l’organisation islamiste retiennent l’attention : « Une main pour partager, une main pour résister », « Nous nous préoccupons du peuple, pas des sièges ou des positions », « L’Amérique et Israël disent non au Hamas, qu’est-ce que vous dites ? ». Hier encore la tension montait d’un cran avec le meurtre d’un dirigeant local du Fatah par un autre de ses militants. Des coups de feu retentissent à plusieurs reprises dans la matinée pour ses funérailles, célébrées aujourd’hui. « C’est un règlement de compte personnel qui n’a rien de politique », explique un étudiant de l’université An-Najah. Ce n’est pas l’avis d’un épicier, ancien responsable du Fatah, pour qui cet incident sonne le glas d’une fidélité de toujours. « Ce n’est pas nouveau », dit-il, « c’est pour cela que je quitte le parti, comme beaucoup de mes collègues ». Cette fois, il votera pour le Hamas.

      En se rapprochant des bureaux de votes, les partisans du Fatah, en blanc et noir, se font plus présents. Il est interdit de faire campagne depuis lundi soir mais l’enjeu est trop important, la communication de dernière minute bat son plein. Les voitures des militants paradent, décorées aux couleurs des partis, coffre ouvert et sono chantant la gloire de leurs favoris. Dans les rues des bureaux de vote, de nombreux partisans distribuent badges, casquettes, écharpes et tracts. Même les enfants sont mis à contribution. L’un d’entre eux explique, en tendant des casquettes vertes : « Il n’y a que le Hamas qui me les donne ! ». Une femme voilée porte l’écharpe violette et blanche du parti de la troisième voie. Elle guette les électrices, calepin à la main, pour leur expliquer comment et surtout pour qui voter. A l’entrée des bureaux, chacun des partis, des deux principaux au moins, tient un stand afin d’éclairer les électeurs sur la procédure et la façon de choisir son candidat. Des dépliants représentent le bulletin de vote et indiquent la bonne case à cocher. Les militants forment devant la porte une haie d’honneur qui souffle les dernières consignes à l’électeur. Parmi cette foule euphorique, les nombreuses forces policières et militaires déployées par l’Autorité Palestinienne veillent. Une fois la porte du bureau franchie, le calme règne. Les observateurs locaux vérifient la procédure : le bulletin est tamponné avant d’être remis à l’électeur qui se dirige dans l’isoloir. Ici, le vote est secret. Seuls les bureaux de Jérusalem-Est, où il a fallu négocier un accord avec Israël pour permettre le vote, dérogeront à la règle. Les délégations internationales, du Conseil de l’Europe, du Canada, d’Australie ou de France, dont le vice président de l’Assemblée Nationale Éric Raoult, s’attendaient à plus de troubles. Elles repartent satisfaites de leur visite.

      A la sortie des bureaux, d’autres stands attirent les votants : vendeurs de snacks et de boissons profitent de l’affluence. Les commentaires et les pronostics divergent. Pour les partisans du Fatah, les couleurs de la rue ne reflètent pas l’opinion des Palestiniens et la paix ne peut en aucun cas venir d’un parti extrémiste. Les électeurs du Hamas, quant à eux, mettent en avant leur désir de changement. Au camp de réfugiés de Balata, le mufti de Naplouse sort du bureau de vote, souriant. « Ceux qui luttent contre la corruption en Palestine », dit-il, « incarnent ce changement ». Mais il ne faut pas craindre selon lui la montée des islamistes, qui n’atteindront jamais le plein contrôle de l’Autorité Palestinienne. « Il y aura toujours un parti pour détenir la balance du pouvoir ».

      Jordan Ricker
      Naplouse, 25 janvier 2006

      • 24Commenterhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F24-les-palestiniens-votent-hamas-en-masseLes+Palestiniens+votent+%28Hamas%29+en+masse2006-01-26+11%3A42%3A40Jordanhttp%3A%2F%2Ftaorama.net%2F24-les-palestiniens-votent-hamas-en-masse

      Deux flics à Tel-Aviv

      Jordan 21.01.06 12:35 Israël

      La capitale d’Israël reconnue par la communauté internationale n’est pas Jérusalem mais Tel-Aviv. Située sur les rives de la Méditerranée, la métropole vit à la mode occidentale. Le centre d’affaires aux grandes tours modernes côtoie un vaste campus universitaire. Plus près de la mer, des ensembles d’immeubles relativement laids accueillent de nombreux retraités, étrangers notamment. Avec son climat chaud et humide, Tel-Aviv est la Miami juive. Le judaïsme qu’elle pratique est néanmoins assez smooth : quand on a le choix entre aller prier ou aller surfer, la foi est souvent balayée par les vagues ! Nous sommes en plein Shabbat et les rues sont pleines de promeneurs, en famille ou entre amis. La ville blanche de Tel-Aviv est classée au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses différents styles d’architecture contemporaine, dont le Bauhaus. C’est intéressant mais malheureusement certains bâtiments ne sont pas toujours très bien conservés, ou ont parfois mal vieilli ! Nous mangeons au café Hillel : « astonishing esquisses of the parisian life ». Les troquets parisiens ne servent pas de si bons sandwichs ! Les olives sont succulentes, à faire rougir un Provençal. Ce n’est pas bien grave, nous restons très compétitifs sur le saucisson.
      Ici la sécurité ne semble pas être la préoccupation de chaque instant, comme à Jérusalem. De toute la journée nous ne croiserons que deux policiers, malgré l’attentat manqué de jeudi dernier. Un jeune étudiant de Naplouse a explosé dans les toilettes d’un restaurant. Trente blessés et un mort, le kamikaze. L’attentat a été revendiqué par le Jihad islamique, mouvement financé par l’Iran. La population israélienne est habituée, et sa réaction semble dépendre du nombre de victimes. Chacun son échelle de la terreur, la leur est plus macabre que le ridicule croissant coloré de Fox News.
      Une croisette locale longe la plage, il y a foule. En poursuivant la promenade en bord de mer, nous arrivons sur le port de Jaffa. La ville, qui fait maintenant partie de la municipalité de Tel-Aviv, est habitée depuis l’Âge de bronze. Maintes fois assiégée, elle fut prise par la pharaon Thoutmôsis III vers 1470 av. JC, par David et Salomon entre l’an 1000 et 900 av. JC, par Richard Cœur de Lion en 1192 ou encore par Napoléon en 1799.
      Depuis septembre 2000 et la deuxième Intifada, le tourisme se porte mal. Il semble reprendre doucement, un café a rouvert face aux pontons. Des pêcheurs tiennent la canne, au son de la prière qu’entonne l’imam. Par une petite porte nous pénétrons dans la vieille ville, déserte. Quelques ruelles parcourent ce décor de théâtre où l’on trouve plusieurs galeries d’art. Le musée Ilana Goor est une maison restaurée par l’artiste pour y exposer ses oeuvres mais aussi des toiles, sculptures et objets de sa collection personnelle. Époustouflant ! Les bonnes âmes fortunées sont chaleureusement invitées à m’offrir une de ses sculptures, voire même la maison toute entière… Je n’ai pas le temps de rêver plus longtemps, le soleil se couche, et nous reprenons la route.

      • 23Commenterhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F23-deux-flics-a-tel-avivDeux+flics+%C3%A0+Tel-Aviv2006-01-21+11%3A35%3A12Jordanhttp%3A%2F%2Ftaorama.net%2F23-deux-flics-a-tel-aviv

      Mélodie du colon

      Jordan 18.01.06 12:28 Israël

      Aujourd’hui j’ai vu Hébron. C’est l’une des plus anciennes villes du Moyen-Orient. Proche d’elle se trouve le Tombeau des Patriarches, où selon les Juifs sont enterrés Abraham, Sarah, Isaac, Rebekah, Jacob, et Leah. Ce tombeau est sacré, pour les Juifs comme pour les Musulmans. 150 000 Arabes et 500 colons vivent à Hébron. Ces derniers barricadent les zones occupées.
      Pour se rendre à son salon de coiffure en centre-ville, Hanah Abu Haikal mettait 2mn en voiture. Depuis que des colons habitent sa rue, elle n’a plus le droit de s’y garer. Pour rentrer chez elle, il faut faire un détour de 5km. Elle doit ensuite marcher 300m. Aujourd’hui il pleut, le terrain est boueux. Sur le chemin les oliviers sont noirs, empoisonnés par les colons. Le calvaire continue à l’intérieur de la maison : il est interdit d’ouvrir les volets qui donnent sur la rue et la petite base militaire construite en face. Les impacts de balle dans le mur invitent à ne pas rester trop longtemps près des fenêtres. La terrasse est grillagée, à cause des jets de pierre.

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      Hanah se remémore la beauté de son quartier, aujourd’hui déserté. Pour certaines maisons, dans des zones plus habitées, il faut utiliser une échelle pour accéder aux fenêtres côté cour et rentrer chez soi.
      Depuis 1997, huit familles ont investi des échoppes du marché d’Avraham Avinu et s’y sont installées. Parmi elles, Tzipi Shlissel et ses dix enfants. Elle a 40 ans. Son père, le rabbin Schlomo Ra’anan, s’est fait assassiner par un terroriste du Hamas en 1998. Elle a voulu revenir habiter ici. On connaît la chanson, mais on écoute sa mélodie, en espérant qu’elle ne soit pas héréditaire.

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      David Wilder, porte-paroles de la communauté juive d’Hébron, a l’argumentation moins divine. Il nous conte dans sa barbe l’histoire du quartier.

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      Il ne peut pas comprendre que les Juifs abandonnent ces terres à leurs « ennemis ». Mais Kadima, le parti fondé par Ariel Sharon, a selon lui viré extrêmement à gauche. Sans compter que le Procureur général Meni Mazouz, d’extrême gauche lui aussi (!), n’aime pas les colons et agit au nom de son idéologie, ce que David trouve regrettable. De chaque côté, les arguments fusent, historiques, archéologiques, juridiques. Ici retrouvés une presse à olives et un hammam antique, là découvertes les fondations de la maison d’un rabbin. Ici l’on invoque deux injonctions de la Cour suprême israélienne interdisant aux colons de construire, là un comité de trois juges ayant déterminé la propriété juive du quartier.
      Le gouvernement israélien a ordonné l’expulsion des colons. Des extrémistes, dont certains contraints de quitter la bande de Gaza cet été, sont venus soutenir leurs frères. Très jeunes, très violents, ils ont affronté la valse des forces de police et de défense israéliennes. Un soldat a été blessé. Elle fait mal au bidas la mélodie du colon (désolé).
      Lundi, l’armée déclarait le quartier juif « zone militaire fermée ». Pour Hanah, ce n’est que de la communication. Si les Israéliens voulaient le retrait, les colonies seraient évacuées en une journée. Ils savent se servir de leurs bulldozers. Et s’ils ont tant le goût de la démocratie, ils lui donneraient le droit de se garer devant chez elle.
      Jeudi, Tzipi Shlissel était expulsée, son bébé dans les bras.
      Cette ville déchirée, les conditions de vie de ces familles arabes, l’embrigadement de ces colons, au sens propre comme au figuré, sont un spectacle surréaliste. De part et d’autre l’on a le sentiment d’être dans une « pièce de théâtre ». Le tragique ne nous avait pas échappé. Alors pour une note qui détonne de la triste mélodie, et dans un ton qui dénote un brin d’ironie, une touche d’étymologie : « Hébron » jadis voulait dire « ami ».

      • 21Commenterhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F21-melodie-du-colonM%C3%A9lodie+du+colon2006-01-18+11%3A28%3A12Jordanhttp%3A%2F%2Ftaorama.net%2F21-melodie-du-colon

      Orange polémique

      Jordan 17.01.06 12:20 Israël

      Sheikh Mohammed Abu Tir porte une épaisse barbe orange vif. Elle file vers l’avant dans une dynamique bienvenue en période électorale. Numéro 2 du Hamas, il est candidat pour le mouvement Réforme et Changement. Le déroulement des élections législatives palestiniennes reste incertain, particulièrement pour les candidats du parti islamiste à qui le gouvernement israélien a interdit de faire campagne dans Jérusalem-Est. Il exige même leur retrait des listes. Dimanche pourtant, Abu Tir faisait un point de presse aux portes de la vieille ville. Trahi pour sa pilosité flashy, il est repéré au milieu de l’attroupement, la police l’embarque. Longuement interrogé, il passe la nuit dans une cellule avant qu’on le relâche hier, les charges étant insuffisantes pour le retenir plus longtemps. Abu Tir connaît bien la prison.

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      Pendant qu’il était incarcéré, son frère lui a construit une maison. Le séjour dans lequel nous entrons a pour tout mobilier une table basse et quatre canapés. Abu Tir nous sert lui-même des pâtisseries délicieuses, mais je n’ose pas tellement me resservir. Sa troisième femme apporte le thé, d’autant plus apprécié que le salon n’est pas chauffé. Sa première femme et leurs enfants vivent à l’étage inférieur. Abu Tir parle posément mais fermement. Il est confiant pour la mobilisation le jour du vote comme pour la capacité du Hamas à intégrer le jeu démocratique.

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      Les analystes politiques considèrent pour la plupart que la participation du Hamas à un gouvernement démocratique aura pour effet à plus ou moins long terme de résorber la lutte armée. Un processus que l’on a pu observer en Irlande du Nord avec l’IRA. Pour Abu Tir, la résistance est toujours une priorité.

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      [update 23/01] Le Hamas a mauvaise presse, particulièrement à l’étranger. L’organisation a donc déboursé 180 000$ afin que Nashat Aqtash, professeur spécialiste des médias à l’université Birzeit de Ramallah, redore leur image. Ses premières suggestions semblent judicieuses : arrêter de parler de la destruction d’Israël, parler de la souffrance des Palestiniens, ne pas se réjouir des attentas meurtriers. Un conseil s’adresse spécialement à Mohammed Abu Tir, et je trouve que c’est un peu facile : arrêter de teindre sa barbe en orange, car les gens rient.
      [update 25/01] Abu Tir s’est expliqué sur un plateau de télévision : non seulement le prophète Mohammed teignait ainsi sa barbe au henné, mais c’est en plus un remède contre les maux de tête et les pellicules. Gaussez-vous les ricaneurs.
      [update 26/01] Les rumeurs annoncent que Mohammed Abu Tir sera le prochain ministre de l’intérieur !

      • 20Commenterhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F20-orange-polemiqueOrange+pol%C3%A9mique2006-01-17+11%3A20%3A25Jordanhttp%3A%2F%2Ftaorama.net%2F20-orange-polemique

      The West Bankrupt (de sel)

      Jordan 16.01.06 20:18 Israël

      Le shabbat est un jour de prière et les journalistes étrangers n’échappent pas à la règle. Puisse Dieu leur apporter, le dimanche, tandis que les Israéliens reprennent le travail, un temps clément. Puisse-t-il aussi, le cas échéant, faire un effort pour que le chef du gouvernement local ne rende pas l’âme. Ce week-end notre piété fut récompensée ! Nous avons profité d’un grand ciel bleu pour faire une longue promenade. Ariel Sharon, pendant ce temps, ne bougeait pas même une papille, malgré le parfum du chawarma déposé sur sa table de chevet.
      En prenant la direction de la mer morte, on aperçoit non loin de la route des campements de bédouins. Plus vraiment nomades, ils vivent auprès de leurs troupeaux sous des tentes sommairement consolidées. Le bétail se satisfait semble-t-il du fin manteau vert qui recouvre ici les collines. Un peu plus loin, un vieux Palestinien fait monter les touristes sur le dos de son chameau. La bête, manifestement lasse, rêve peut-être des déserts que nous apercevons déjà. En quelques kilomètres, le décor change complètement. Les vallons se font plus escarpés, les monts plus aiguisés, le sol plus rocailleux. Le beige vire à l’ocre, puis au pourpre. Au loin, des dunes presque blanches et derrière, les montagnes de Jordanie. Nous descendons sous le niveau de la mer, où la défunte repose. A -400m, le point habité le plus bas du globe. Le paysage est fabuleux, les photos en témoignent mieux que je ne pourrais le faire. La mer morte est exploitée pour ses phosphates, ses boues curatives et son tourisme balnéaire. Le site d’En Gedi offre ainsi à ses visiteurs un espace de baignade dans cette eau extrêmement salée. On n’y nage pas, on s’y laisse flotter. Nous ne pensions pas qu’elle serrait chaude et ne nous arrêtons que pour manger. Difficile de déchiffrer les étiquettes en hébreu. J’opte pour un sandwich au pastrami de dinde qui, une fois avalé, apparaît être une des causes probables de l’antisémitisme italien. Ici l’on ne ressent pas de tension, les jeunes arborent sur la plage un look baba-cool, qui me semble peu compatible avec le fondamentalisme.
      Nous remontons dans la vallée du Jourdain. L’accès au site du baptême du Christ par Jean-Baptiste, trop proche de la frontière jordanienne, est fermé côté israélien. Tant pis pour les pèlerins attirés par l’eau qui, il y a 2000 ans, rafraîchit le saint petit cul de Jésus. Le premier passage frontalier demande d’avoir déjà un visa jordanien. Il faut aller plus au nord pour passer librement, l’objectif étant de limiter au maximum les mouvements des Arabes. Nous passons devant les vignes de Yarden, dont certains Israéliens politiquement corrects refusent de boire le vin, le raisin poussant sur des terres qui ne leur appartiennent pas. Le vin produit en Cisjordanie est, cela dit, loin d’être le meilleur de la région. Les terres sont fertiles et l’on imagine qu’il sera difficile d’évacuer les propriétaires de ces grandes exploitations agricoles.
      Nous nous dirigeons vers Naplouse et le paysage prend les atours de la Toscane (dixit Manon). A gauche dans la vallée, les terres cultivées, à droite les villages arabes où vivent, à flan de montagne, les ouvriers agricoles. Nous restons bloqués 45mn à un checkpoint. Comment les Palestiniens peuvent-ils développer leur économie dans ces conditions ? On nous laisse finalement passer. De plus en plus défoncée, la route dessert des villages de plus en plus pauvres. Nous montons en altitude, passons devant une grande roue et une carcasse d’avion de ligne puis, au détour d’un virage (et d’un checkpoint), voici Naplouse. Juchée sur la montagne, cette ville de 300 000 habitants semble avoir été posée là par un Dieu pressé. Chaotique, elle me donne l’impression d’une ville ex-soviétique, perdue en Afrique. Égarés nous le sommes aussi, et le soir tombe. Il vaut mieux être parti avant les opérations nocturnes de l’armée israélienne. Nous trouvons enfin le chemin du checkpoint et évitons la longue file de voitures palestiniennes en passant dans la boue (les véhicules immatriculés en Israël sont prioritaires). Nous rentrons à Jérusalem, éblouis par la beauté de ce pays, abasourdis par la force de ses contrastes.

      • 18Commenterhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F18-the-west-bankrupt-de-selThe+West+Bankrupt+%28de+sel%292006-01-16+19%3A18%3A39Jordanhttp%3A%2F%2Ftaorama.net%2F18-the-west-bankrupt-de-sel
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        • Moi je ne trouve pas que ça ressemble à Amazon. Sans tous ces "enculages de mouches" (excuse my French !) je n'aurais pas fait de... Karamelle sur Publicis pompe le logo d’Amaguiz sur celui d’Amazon
        • RT @jordanricker: RT @taorama: The Scale Hop’N Rolla mixtape is out! http://goo.gl/fb/FavcL Oblick™ sur The Scale Hop’N Rolla mixtape is out!
        • Et pour tous ceux qui souhaitent réécouter ce son en live, ça se passe le 05 juin prochain à Lille, BLACK SHEEP EXCLUSIVE... GREYSQUARE sur A Little Rooster – deux remixes de Dres (Blacksheep) qui défoncent
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