• Taorama.net

      • chroniques
      • shop
      • about
      • rss
    • musique hip-hop live cinéma lol TV USA trailer politique photo anime jazz sport docu court nippon société série web extrême critique spectacle Israël pourri interview pub geek
    • Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #02 : Suprême NTM – Qu’est ce qu’on attend

      Norman 06.03.09 23:04 hip-hop, musique

      Je pense ne surprendre personne avec l’arrivée d’NTM dans ce classement, tout simplement le groupe le plus célèbre de l’histoire du hip-hop français, et pourtant ce n’est pas le plus corrompu. Une preuve, finalement, que la sincérité et l’ancienneté paient encore, même dans les milieux artistiques les plus gangrénés. Le choix pour le clip en seconde place s’est joué entre Qu’est ce qu’on attend et Tout n’est pas si facile, deux morceaux extraits de leur meilleur album Paris Sous les bombes sorti en 1995, sur lequel figure aussi le célèbre hit La fièvre avec la participation de Clyde le DJ d’Assassin, ou encore le morceau devenu culte en featuring avec Nas : Seine Saint Denis Style, un remix d’Affirmative Action. Étant donné la conjoncture actuelle, je pense que l’heure n’est plus à la nostalgie ni aux regrets mais à l’insurrection. Je doute que Kool Shen et Joey Starr soient aussi vindicatifs aujourd’hui qu’ils ont pu l’être lorsque ils retournaient les bas fonds de Paname et saccageaient les biens publics avec les premiers graffeurs de la capitale. Après tout on s’en fout, s’ils veulent vivre à jamais comme des héros figés dans l’image qu’avait d’eux le public lorsqu’ils pesaient encore, c’est leur problème.

      On est au courant, « tout n’est pas si facile tout ne tient qu’à un fil… ». C’est effectivement bien triste, la culture hip-hop n’existe plus telle qu’ils l’ont connue, et je trouve normal qu’ils le déplorent, mais ce morceau a été écrit il y a plus de dix ans, Shen et Joey semblaient alors moins dociles et faisaient référence à des souvenirs datant eux même de dix ans auparavant… Cela fait donc vingt ans de décalage. La nostalgie, à force, ça rend con et défaitiste. En plus, NTM a fini par se laisser flotter au gré du courant commercial comme tout le monde. Alors je ne leur ferai pas l’honneur de les faire passer pour des purs et durs, parce qu’aujourd’hui leur combat pour le hip-hop et leur lutte sociale n’a plus aucune valeur.

      En revanche, leur message avec Qu’est ce qu’on attend, aussi simpliste soit-il, restera toujours d’actualité. Et même si il y a une certaine ironie à réécouter ce titre, c’est un peu comme la Marseillaise, chacun y entend un peu ce qu’il veut. Il est clair, maintenant, que nous avons tous beaucoup trop attendu ; c’est bien beau de parler ou d’écouter, mais si rien ne suit alors à quoi bon. Si les artistes engagés n’ont pas les couilles de suivre leur voie radicale, ça n’est pas si grave finalement, il y en aura toujours d’autres plus avisés et peut-être plus fiables aussi, qui sait ? Mais alors si les auditeurs eux non plus n’ont pas les couilles de suivre leurs envies et opinions, en l’occurrence ici celles de s’élever explicitement contre le pouvoir et de clamer ses droits à être entendu et reconnu, nous sommes perdus.

      Rien ne me surprend ni ne me choque vraiment, surtout pas à un niveau d’engagement aussi superficiel que celui d’NTM. Mais je suis quand même un peu déçu lorsque je découvre, une fois encore, que toutes ces belles intentions n’étaient qu’un phénomène de mode, et que les anciens fans d’NTM sont devenus les victimes de l’oppression intellectuelle exercée par l’État, les médias et la culture de masse qu’ils ont un jour rejetés si allègrement. Vous l’avez sans doute noté, la rédaction de ce billet semble m’avoir guéri de ma nostalgie pathologique du hip-hop. Ça devenait pesant. J’ai adoré le rap, mais les raisons pour lesquelles je recherchais le message de rappeurs tel qu’NTM ont disparu. Ne m’en voulez donc pas si je ne développe pas plus mon avis sur le son et la carrière d’NTM, ce sont des informations que vous trouverez facilement sur le net. Mais n’ayez crainte, je vous réserve tout de même un numéro un digne d’une véritable conclusion à ce voyage dans les temps révolus du real hip-hop.

      J’espère que le clip de Qu’est ce qu’on attend viendra regonfler cette ardeur de rébellion que tout le monde semble avoir enfouie si profondément de nos jours.
      Image de prévisualisation YouTube
      Je m’excuse, je n’ai pas pu trouvé de version non-censurée de ce clip, pour ceux qui ne connaîtraient encore pas ces fameuses paroles, en voici les parties bipées.
      « Pour que notre jeunesse d’une main vengeresse brûle l’état policier en premier et envoie la république brûler au même bûcher« , »Allons à l’Elysée, brûler les vieux et les vieilles, faut bien qu’un jour ils payent ! »

      • 17002 commentaireshttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F1700-le-top-15-des-meilleurs-clips-de-rap-francais-02-supreme-ntm-quest-ce-quon-attendLe+Top+15+des+meilleurs+clips+de+rap+fran%C3%A7ais+%2302+%3A+Supr%C3%AAme+NTM+-+Qu%27est+ce+qu%27on+attend2009-03-06+22%3A04%3A41Normanhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F%3Fp%3D1700

      Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #03 : Les Sages Poètes de la rue – Qu’est ce qui fait marcher les sages?

      Norman 04.03.09 01:30 hip-hop, musique

      « Pas besoin d’apparaitre dur sur le fond, pas besoin d’apparaitre hardcore. »
      Après le rap très sérieux d’Assassin, on se détend un peu avec les célèbres Sages Poètes de la Rue, de véritables virtuoses de la rime qui eux aussi ont énormément contribué à façonner le hip-hop français. C’est avec eux que le rap débarque doucement sous une forme plus élaborée que celle des premiers MCs français, qui à l’époque s’entrainaient encore à déclamer rapidement des textes au fond bien sûr politique, mais à la construction plutôt basique. Le groupe se forme en 1987 et commence par s’appeler SPR MCs pour « Soul Pop Rock MCs », mais très vite les trois membres Zoxea, Melopheelo et Dany Dan s’orientent vers le choix d’un blaze plus personnel et évocateur du style du groupe, tout en conservant le sigle de leurs formation initiale. Bien que leur sérénité et leur légèreté ne transparaissent pas vraiment dans le clip ci-dessous, les Sages Po ne donnent pas dans le rap hardcore mais ils ne mettent pas pour autant de côté les aspects durs et violents de leurs vies. C’est encore en 1995, l’année d’or du rap français, que je découvre, une nouvelle fois grâce à l’excellente bande originale du film de Kassovitz La Haine, un aperçu du style très sophistiqué des Sages Po, avec leur titre Bon baisers du post. Convaincu du potentiel indéniable des MCs, j’emprunte leur premier album sorti cette même année, Qu’est ce qui fait marcher les sages ?, et c’est avec ce disque que je comprends la véritable essence des Sages Po. Je suis immédiatement saisi par leur aisance au micro, difficile de ne pas me laisser surprendre par le flow apaisant de Melopheelo, la désinvolture de Dany Dan ou l’habileté naturelle de Zoxea à décomposer les mots. Naturel est le mot qui décrit le mieux la facilité déconcertante qu’ont les Sages Po à rapper. Face à l’indolence risible de Melopheelo ainsi qu’à la vanité générale du groupe, il est difficile d’imaginer que les Sages Po soient des métromanes tourmentés qui doivent se faire violence pour briller.

      « Si les Sages Po, assurent sur le tempo, c’est qu’ils ont la technique dans la peau ! »
      Ils font partie des premiers bon MCs français à comprendre l’esprit du hip-hop américain et à en retranscrire les subtilités pour l’adapter à notre culture et aux nouvelles possibilités qu’offre la langue française. Ils innovent avec leurs textes denses qu’ils déclament sans jamais divaguer ni s’éloigner du fond, et cela en restant toujours conscients que le rap ça n’est pas qu’une voix posée aléatoirement sur un instrument quelconque. Il y a une véritable qualité d’élocution et un tempo travaillé, cadencé au rythme d’instrumentaux dignes de comparaison avec les beats les plus jazzy qu’aient concocté Ali Shaheed Muhammad, le DJ génial d’A Tribe Called Quest. L’influence du jazz est omniprésente chez les Sages Poètes, je conseille donc aux romantiques, aux mélomanes et aux amoureux de jazz qui seraient curieux d’aller voir leur clip Amoureux d’une énigme, un morceau aussi extrait de leur album Qu’est ce qui fait marcher les sages. J’adore ce morceau et j’ai eu beaucoup de mal à choisir lequel des deux clips je posterai pour représenter les Sages Po. On reconnait parfaitement dans ce titre la touche de JimmyJay dont je n’ai plus à vanter l’impressionnante carrière. C’est au studio du mythique Posse 501 que les Sages Po’ se font remarquer pour la première fois par JimmyJay, et MC Solaar avec lesquels ils participeront à deux morceaux sur le premier album de Solaar Prose Combat. Le rap était alors encore le descendant naturel du jazz.

      Malgré cette prise de position artistique qui les rend plus accessibles au public, les membres de Sages Po ne se déconnectent jamais de la rue et participent à de célèbres projets plus hardcore et plus underground que leur propre groupe. Ils sont à l’origine de cette fameuse connexion plutôt musclée entre Mo’vez Lang, la Malekal Morte et Boulox Force pour donner le célèbre et sulfureux groupe qu’on appelle Beat 2 Boulpour « Beat de Boulogne ». Une formation intéressante qui compte quelques morceaux cultes en compagnie des Sages Po comme B comme Beat 2 Boul, Beat 2 Boul est dans la sono, ou encore Beat 2 Boul Cha sur la compile Cut Killer Show que je vous conseille d’écouter absolument. Mais c’est surtout Zoxea, king de Boulogne, qui s’émancipe le plus et se consacre, par exemple, à la production du fameux single de Busta Flex J’fais mon job à plein temps. Ils se retrouveront à nouveau mais cette fois-ci épaulés par Kool Shen pour créer le crew IV My People. On retrouve aussi Zoxea sur le meilleur titre de la compilation Nouvelle Donne, un de mes morceaux favoris de hip-hop français, l’énorme Attaque à Mic Armé aux côtés des gars d’ATK, Freko, Cyannure, Test, Axis, Antilop-sa et le regretté Fredy K.

      De plus en plus de rappers ne parlent que de guns et de meurtres comme des nerds boutonneux et obèses parleraient de sexe, les Sages Po arrivent tout droit de Boulogne Billancourt dans le 92 sans avoir à évoquer en permanence flingues ni ruffnecks assassinés pour prouver leur authenticité. Ce sont des rappers prolifiques, ouverts, intelligents et indubitablement sages. Ils ont cette aura de mecs chevronnés qui ont traversé et assisté à tellement de galères qu’il ne leur est même plus nécessaire de prendre un air menaçant pour se faire respecter ; le regard et la parole d’un vétéran, d’un ancien du ghetto suffit à imposer le respect. Ils ont prouvé qu’ils étaient authentiques et hardcore en traversant la vie malgré les embûches que les cités de Boulogne pouvait leur réserver. Vous comprendrez sans doutes mieux ce qui fait marcher les sages après avoir vu ce clip, qui me rappelle quelques grands moments de Krs-One.

      Image de prévisualisation YouTube
      • 1668Commenterhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F1668-le-top-15-des-meilleurs-clips-de-rap-francais-03-les-sages-poetes-de-la-rue-quest-ce-qui-fait-marcher-les-sagesLe+Top+15+des+meilleurs+clips+de+rap+fran%C3%A7ais+%2303+%3A+Les+Sages+Po%C3%A8tes+de+la+rue+-+Qu%27est+ce+qui+fait+marcher+les+sages%3F2009-03-04+00%3A30%3A37Normanhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F%3Fp%3D1668

      Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #04 : Assassin – Esclave de votre société

      Norman 27.02.09 23:44 hip-hop, musique

      J’imagine que vous l’attendiez avec impatience, en quatrième place voici l’un des meilleurs et tout premiers groupes de rap en France, j’ai nommé Assassin, sans qui le hip-hop hexagonal n’aurait sans doute jamais eu l’ampleur actuelle. Bien qu’il ait profondément marqué la culture rap en France, et même contribué à son développement, c’est un groupe qui, à ce jour, n’a jamais eu d’équivalent digne de comparaison. Mis à part dans le punk peut-être, puisqu’à l’instar du Béru, les textes d’Assassin m’ont aidé à forger mes convictions politiques en plus de renforcer mon goût pour le terrorisme poétique. A l’époque je manquais de maturité, et donc comprenais mal ou n’aimais tout simplement pas certains aspects de leur musique, je me suis donc forcé à apprécier Assassin, car j’admirais Rockin Squat, je le trouvais charismatique et malin, de plus j’aimais faire de la provocation en me vantant d’écouter un groupe dont le nom était Assassin… Je pensais faire flipper les beaufs et les adultes. Bref, j’étais plus attiré par l’énigme qu’ils représentaient que par le contenu de leurs disques.

      Assassin se forme en 1985, ses membres DJ Clyde, Doctor L, Solo et Rockin Squat font partie des premiers crews de graffeurs du Nord de Paname et côtoient les célèbre DRC, TCG, ou Graffiti Kingz mais aussi les bandes de zulus et autres chasseurs de skins de la capitale. Le principal MC, Rockin Squat, de son vrai nom Mathias Cassel, est le fils de Jean Pierre et le frère de Vincent. Par chance il hérite de la fibre artistique familiale mais préfère effectuer ses performances dans l’ombre de l’underground, à l’abri de la mode, du système et des médias de masses, qu’il considère comme corrompus et médiocres. Cette double identité publique dérangeait, certains auditeurs critiquaient Squat qu’ils considéraient comme orgueilleux et moraliste. Le message d’Assassin a souvent été mal compris et injustement discrédité, j’avoue avoir eu du mal moi aussi à pénétrer dans l’univers lugubre et complexe de ce groupe qualifié de trop intellectuel, un désavantage qui soi-disant ne les rendait pas accessibles a tout le monde. Certains trouvaient que Rockin Squat agissait avec une condescendance de bourgeois qui voudrait se délester de la culpabilité d’être plus gâté que d’autres, en faisant la morale aux pauvres analphabètes des cités. Effectivement Squat avait la chance de pouvoir profiter d’une bonne éducation et d’une culture riche et variée, mais ne serait-ce pas plus délictueux que de ne pas utiliser son savoir plutôt que d’essayer, par le biais du rap, de mettre ses connaissances au service de ceux qui n’ont pas le même niveau d’éducation ? Il n’y a rien d’orgueilleux ou de mal là-dedans, Rockin n’a pas la prétention d’arriver en sauveur ni même de détenir la vérité absolue, il aurait pu aussi bien rester se la couler douce aux frais du vieux, à se shooter à l’héro avec les enfants déchus des autres célébrités, sans se soucier du sort de rien ni personne. Il sait que son action ne changera pas la face du monde mais que toute contribution au combat pour la justice et la paix, aussi modeste soit-elle, est nécessaire si l’on veut vraiment changer la conjecture de notre monde pourri, et que pour cela l’éducation et le savoir sont les meilleurs moyen d’y parvenir.

      Il n’y a pas de doute, Rockin Squat est un mec sincèrement concerné, comme il l’écrit, sa « mission est artistique… » mais c’est la force des choses qui le pousse à réagir. Par humilité donc, mais surtout pour ne pas devenir une idole ou le porte-parole d’un mouvement singeant les systèmes critiqués, Squat n’apparait jamais à visage découvert sauf dans quelques très rares vidéos comme celle-ci. Malgré son allure menaçante de terroriste en fuite, et cette voix farouche qui le caractérise si bien, Rockin est un des rares rappers considérés comme underground et hardcore qui appelle à la non-violence et qui ose dire sans honte des mots comme « amour », « paix », « unité » ou encore « livre » et « musée ».

      Au fil du temps j’ai appris à comprendre Assassin, il faut s’accrocher pour saisir la véritable essence de ce groupe. Si vous ne connaissez rien d’eux voici l’occasion pour vous de commencer à les découvrir en douceur et dans un sens chronologique, avec ce morceau Esclave de votre société extrait de leur premier album Note mon nom sur ta Liste sorti en 1991.

      Image de prévisualisation YouTube
      • 16024 commentaireshttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F1602-le-top-15-des-meilleurs-clips-de-rap-francais-4-assassin-esclave-de-votre-societeLe+Top+15+des+meilleurs+clips+de+rap+fran%C3%A7ais+%2304+%3A+Assassin+-+Esclave+de+votre+soci%C3%A9t%C3%A92009-02-27+22%3A44%3A26Normanhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F%3Fp%3D1602

      Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #05 : Afro Jazz – Strictly Hip Hop

      Norman 25.02.09 02:20 hip-hop, musique

      Allez ! Tout les wak baissent leur froc, en cinquième position, place aux soldats de l’underground guerilla, voici un autre de mes groupes favoris, Afro Jazz. Leur album Afrocalypse sorti en 1997 est un disque que je fais cracher régulièrement depuis dix ans sans jamais me lasser et en kiffant toujours plus à chaque nouvelle écoute, je l’adore du premier au quinzième titre, l’interlude oldschool inclus. Il a même pris de la valeur au fil du temps en devenant le meilleur vestige de mon ancienne et regrettée collection. Si vous ne le connaissez pas, il est indispensable et même urgent de vous le procurer. C’est en 1996 que Daddy Jokno, Jahyze et Robo, les membres d’Afro Jazz enregistrent leur premier maxi trois titres sous la tutelle de Joey Starr et de Lucien ; le disque se trouve être très bon, le groupe est à l’avant-garde d’un renouveau du real hip-hop et choisit pour cela un visuel évocateur : le vinyl est estampillé d’une plaque d’égout sur laquelle est marqué le titre Perle noire. Afro Jazz sort de l’ombre cette année là, et suggère avec insolence que les trésors se trouvent dans l’underground.

      Suite à des concerts bien accueillis en premier partie d’NTM, Afro Jazz enregistre alors en 1997 Afrocalypse, à New york, et s’entoure pour cela de quelques-unes des plus importantes figures de la scène underground française, en se faisant accompagner par l’énigmatique mais non moins célèbre DJ Clyde, ancien Assassin qui est aussi à l’origine de leur maxi Perle Noire, mais également d’albums cultes comme Paris sous les Bombes ou Note mon Nom sur ta Liste. A la prod’, Clyde fait appel aux américains Buckwild de Notorious B.I.G., Diamond D et Da Beatminerz. Côté MC, il y a aussi du lourd avec NTM et deux nouvelles participations exclusives du vieux Lucien Revolucien aka Papalu, qui apparaissent sur les morceaux La guerre des nerfs et le titre qui nique le président de l’état français : Parias vs États. Bref, un projet de rêve pour les fans d’authentique rap hardcore & underground, un style auquel le public français était encore trop peu habitué, et c’est sans doute pour ça que la sortie de cette production couillue aux sonorités new-yorkaises fut un pitoyable échec. Certes, leur objectif audacieux était décalé pour son temps, beaucoup de MCs français se sont déjà ridiculisés en plagiant le style américain, mais je trouve justement dommage qu’Afro Jazz n’aie pas eu la considération qu’ils méritaient pour avoir triomphé avec panache là où tout le monde avait lamentablement échoué.

      Le style East Coast de l’ancienne école et le besoin d’un retour à l’authenticité n’a pas toujours été le fer de lance des rappers, encore moins une tendance marchande comme ça le devient de nos jours. A l’époque de la sortie d’Afrocalypse, le rap devenait une culture à la mode, les radios ainsi que la presse spécialisée préféraient alors élargir leur champ d’audience à des profils d’auditeurs plus dociles mais par la même occasion moins hardcore et surtout moins puristes. Pour ne pas froisser ce nouveau public il valait mieux édulcorer le genre en diffusant l’idée formaliste mais beaucoup plus commerciale que le hip-hop ça n’est pas inaccessible, que parfois cela peut être dur mais pas forcément hardcore, et qu’il ne faut pas forcément souffrir de racisme ou d’abandon social pour rapper, voire même ne pas souffrir du tout… C’est à cause de cette propagande commerciale que le rap tel qu’il a été créé n’existe pratiquement plus aujourd’hui, et que des groupes comme Afro Jazz n’ont pas le succès mérité.

      Évidemment ils se démarquent de la tendance et font flipper tout le monde. Ces mecs là arrivent en treillis, n’esquissent jamais un sourire et grognent de façon menaçante des lyrics condamnés pour leur caractère afro-identitaire par les même gros cons fachos qui n’entravaient déjà rien aux provocations cyniques du Ministère A.M.E.R.. En plus de leurs attitudes audacieuses qui repoussent l’opinion publique, ils ne trouvent rien de mieux à faire que de collaborer avec le plus hardcore, le plus sulfureux, le plus cool des MC, j’ai nommé le meilleur rapper de toute l’histoire du hip-hop Osirus aka Big baby Jesus aka Ol’dirty Bastard, qui était considéré comme infréquentable voire dangereux. Bref, Afro Jazz intimide et s’isole du reste de la scène française à cause de cela. Et ce malgré la bienveillance de Cut Killer qui leur dédie une mixtape entière, à laquelle participe entre autres Rockin Squat, une tape aux accents toujours américains mais avec un style plus mainstream.

      Rien n’y fait et le public dérouté n’arrive pas à comprendre les intentions du groupe hardcore aux paroles pourtant simples et explicites. « Authentique style, authentique hip-hop, je n’suis pas le genre d’MC qui porte des jeans Pantashop. Moi c’est x-tra x-tra large avec un beat qui mash up« , ou encore le genre de truc que personnellement je kiffe grave : « Mais si un animal donne des animaux. Alors le manimal, donne des manimaux. Manie les mots, comme un dingue un flingue, quel que soit le moment, j’n'ai pas besoin de seringues de pfff j’suis déjà dans mon élément. Le hip-hop est ma dope, je n’ai besoin de rien d’autre, Mon nigger si, mon équipage, mon bedo, mon zinc. »

      Ne sachant comment appréhender ce style de rap ultra-virulent, la plupart des gens mettent bêtement de côté ce groupe auquel ils ne pouvaient pas s’identifier, et se réfugient auprès d’idoles sympathiques mais artificielles desquelles Afro Jazz conseille justement de se méfier dans le morceau Sucker MC. A l’époque, même les connaisseurs, qui savaient qui était Afro Jazz, ne remarquaient pas toujours la qualité indéniable de ce groupe. C’est à ne rien y comprendre puisqu’Afrocalypse, à mon avis, représente une bonne synthèse de ce qui s’est fait de mieux en matière d’underground dans le hip-hop français et américain. L’influence majeure vient directement du style hardcore des rappeurs East Coast, à la manière d’un KRS-One ou du Wu-Tang à l’époque Protect Ya neck et Brooklyn Zoo. Afro Jazz fait dans le gros rap couillu à base de beats lourds et brutaux, d’instrumentaux jazzy souvent menaçants, de flows agressifs et tapageurs, de voix rauques avec lesquelles ils mugissent leur lyrics crus, engagés, hardcore et sans pitié. Du super lourd je vous dis ! Alors roulez vous un énorme bédo, faites cracher le son de vos enceintes et surtout ne restez pas assis pour regarder cette tuerie qui s’appelle Strictly Hip Hop.

      Image de prévisualisation YouTube
      • 15572 commentaireshttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F1557-le-top-15-des-meilleurs-clips-de-rap-francais-05-afro-jazz-strictly-hip-hopLe+Top+15+des+meilleurs+clips+de+rap+fran%C3%A7ais+%2305+%3A+Afro+Jazz+-+Strictly+Hip+Hop2009-02-25+01%3A20%3A42Normanhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F%3Fp%3D1557

      Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #06 : Sléo – Je lance les dés

      Norman 22.02.09 23:10 hip-hop, musique

      Pour la sixième place, j’ai pensé qu’il serait bon de re-voir ou de découvrir un groupe notoire dans le milieu hip-hop underground. Les deux MCs très discrets Sly D.O. et Jazzy Ko n’ont jamais eu de succès commercial, et pourtant ils font partie des fleurons de la scène française. S’ils sont mal connus, ce n’est pas parce que leur groupe Sléo n’en vaut pas la peine, mais parce que leurs aspirations artistiques les restreignent à un public strictly hip-hop, et les libèrent ainsi des pressions de la mode et de la production commerciale. Avec Sléo, la culture hip-hop est représentée sous sa forme la plus originelle, l’adversité dans la rue et tous les autres thèmes qu’on retrouve souvent dans les paroles de rap sont aussi abordés, mais sous un aspect un peu plus optimiste que chez la majorité des groupes. La légèreté de leurs paroles n’empêche pas d’apprécier leur vision d’une réalité difficile mais sans se cantonner uniquement aux moments hardcore et violents de leurs vies. J’ai toujours admiré Sléo pour cette force tranquille dont ils faisaient preuve dans leur rap comme dans leur carrière. Ils n’ont pas besoin d’être craints pour se faire respecter, comme ils l’expliquent clairement sur le titre Le respect sans les armes, tiré de L’essence du combat, leur second et meilleur album. Lorsqu’ils sont au micro, ce qui prime avec Sléo, c’est de faire du véritable hip-hop, et c’est en cela qu’ils se rapprochent de groupes phares tel que Das EFX ou A Tribe Called Quest. Pour Sléo comme pour les précurseurs américains, rapper est un numéro d’acrobaties verbales, la diction un sport de combat et le jazz leur ancêtre.

      Leur aplomb, leur aisance, ainsi que la forte influence des États-Unis sur leur style n’ont rien de surprenant puisque dès leurs débuts en 1993, ils enregistrent en studio sous la tutelle du vénérable JimmyJay, pour le premier opus de ses prestigieuses Cool Sessions aux côtés de l’immense Lucien, des Sages Po’, des Démocrates D ou bien encore, pour ceux qui suivent, d’MC Solaar. JimmyJay était le producteur de la crème du hip-hop au début des années 1990, ami d’Afrika Bambaata et habitué des projets connectant la France aux USA ; en 1994 il accompagne aussi Sléo à New York pour y enregistrer leur premier album Ensemble pour 1 nouvelle aventure aux studios de Sterling Sound, le même que celui d’A Tribe Called Quest, The Roots ou même encore Run DMC. Bref, Sléo est au cœur du mouvement Rap et enchaîne les collaborations avec les plus grands. En France, ils participent régulièrement aux compilations de Cut Killer, comme sa série des Hip Hop Soul Parties ainsi qu’aux mixtapes de DJ Poska et du trop peu connu DJ Logilo. Comme ils sont prolifiques et réputés, ils collaborent aussi avec Fabe, Khondo, Puzzle, La Cliqua, et Lady Laistee. Ensemble ils apparaissent sur les grandes compilations de rap français et contribuent mutuellement aux projets solos de chacun. Sly Do et Jazzy Ko eux aussi sont appelés à participer au projet désormais culte de la bande Cercle Rouge Production, White & Spirit, Maitre Madj et Jean François Richet, pour le fameux 11’30 contre les lois racistes.

      Les connaisseurs se souviennent sans doute de ce titre qui déchire, Ne joue pas avec le feu, sur leur album Ensemble pour une nouvelle aventure, un featuring devenu culte avec Rocca de La Cliqua, Fabe, le Petit Boss et Lady Laistee. Bizarrement, la règle qui veut que le meilleur album d’un rapper soit son premier ne s’applique pas avec Sléo. Malgré la présence du morceau Le feu sur leur premier album, et mis à part bien sur Je lance les dés et Monnaie de singes, je n’adore pas ce disque, c’est juste moyennement bon, le potentiel existe mais ça manque de pratique et les refrains finissent par taper sur les nerfs. Il faut attendre leur deuxième album L’essence du combat, sorti en 1996, pour ressentir une réelle évolution. Leur style y est plus affirmé et Sléo semble avoir trouvé sa voix, comme on peut l’entendre avec des productions telles que le titre décapant Qui tu représentes, qui met salement les wak MCs à l’amende, ou l’imposant Represent, un featuring avec les New-yorkais de Cella Dwellas. Un autre de leur projet initié par Jazzy Ko et Sly Do, que je connais mal et qui me paraît beaucoup moins intéressant, mais que je me dois de citer, c’est l’anecdotique Mic Dawa Crew, initié par Sly, regroupant des rappers comme Da Mikronik ou encore L’Eskort dont je n’ai jamais rien écouté de sensationnel. Mais Sléo est un groupe au parcours étalé sur plusieurs pays et différents crews, il serait difficile de vous résumer leur carrière riche en rebondissements et collaborations puisqu’ils ont côtoyé, de près ou de loin, la quasi-totalité de la scène française. Malgré cette réputation impressionnante, j’ai eu beaucoup de mal à dénicher un complément au peu d’informations que j’avais déjà à l’époque. Je m’aperçois qu’aujourd’hui ils ont disparu comme ils sont arrivés, sans faire de bruit mais en parvenant toujours à se faufiler pour être vus au premier rang. Comme cet élève anonyme avec lequel on se trouve sur toutes les photos de classe mais dont on ne peut jamais remettre le nom. Le plus important reste qu’ils se trouvaient là où il fallait lorsqu’il le fallait, et même si peu s’en souviennent, ils savent que Sléo n’étaient pas n’importe quel groupe. J’espère que vous serez d’accord avec moi après avoir vu ce clip, dans lequel la jolie Lady Laistee fait une apparition que vous ne louperez pas j’en suis certain.
      Je lance les dés, extrait de l’album Ensemble pour une nouvelle aventure.
      Image de prévisualisation YouTube

      • 14812 commentaireshttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F1481-le-top-15-des-meilleurs-clips-de-rap-francais-06-sleo-je-lance-les-desLe+Top+15+des+meilleurs+clips+de+rap+fran%C3%A7ais+%2306+%3A+Sl%C3%A9o+-+Je+lance+les+d%C3%A9s2009-02-22+22%3A10%3A09Normanhttp%3A%2F%2Fwww.taorama.net%2F%3Fp%3D1481
      « Articles plus anciens
      • Suivez-nous

      • Écoutez

      • Da selecta

        • teapartyJordan / 25.03.10Health Care, Tea Party, Glenn Beck… Scary Circus
        • chatrouletteGuilhem / 16.02.10Chatroulette : typologie à caractère préventif
        • oroller-thumbGuilhem / 02.02.10La photo du mardi #31 : Olivier Roller (interview)
        • robertoGuilhem / 05.01.10La photo du mardi #28 : Roberto Faruggio (interview)
        • catshrodinMaskime / 24.04.08Mort de Pascal Sevran : la contre-expertise
      • Commentaires

        • c'est vrai, pas aisé de parler de son travail. une de mes photographes préférées . nico sur La photo du mardi #33 : Hasisi Park
        • J'aime plusieurs chatroulettes, y'en a vraiment pas mal des sympa c'est vrai. Moi je vais sur http://www.bestofchatroulette. net perso Pierre sur Chatroulette : typologie à caractère préventif
        • Articles très intéressant, moi aussi j'ai essayé plusieurs chatroulettes et celui que je trouve plus simple et cool à utiliser c'est... Gilles sur Chatroulette : typologie à caractère préventif
        • Et bien je ne pensais pas les chatroulettes comme ça , merci beaucoup pour cet article trés intéressant. tchatche sur Chatroulette : typologie à caractère préventif
        • Fortiche ce petit hein ? Son père aussi.. un régatier d'un sérieux niveau que je fréquente sur les parkings de voileux :p (sur l'eau il est très très... Olivier sur Slim break souplesse
        • Newsletter

        • Archives

        • Recherche

        •  
      • Publicité

        • Scale
        • Naosol & the Waxx Blend
        • Isotery
        • Le dixième arrondissement
        • I Heart Magazine
        • I Love This Dance
        • AEIOU, le blog de Fluctuat
        • Ulule
    • Les plus lus

      • Nadine Morano : « Vous avez une culture vous les Sénégalais ? »
      • True Blood : palme du meilleur générique
      • Chatroulette : typologie à caractère préventif
      • Eveready Harton in Buried Treasure : vintage porn cartoon
      • Audio-trip : la drogue saine et gratuite ?
      • BikeMania 2 : semi-addictive trial flash game
      • Rachida Dati provoque l’hystérie collective dans une soirée érotique
      • Nerd Girls : porn for geeks reality show
      • Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #05 : Afro Jazz – Strictly Hip Hop
      • Christian Bale « go nuts » remix
      • Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #02 : Suprême NTM – Qu’est ce qu’on attend
    • Les plus commentés

      • La viande chevaline, on a toujours une raison de l'aimer - 23 coms.
      • Chatroulette : typologie à caractère préventif - 21 coms.
      • Publicis pompe le logo d'Amaguiz sur celui d'Amazon - 17 coms.
      • Du tout dans le même - 12 coms.
      • Obama @ 2010 White House Correspondents Association Dinner - 11 coms.
      • Star Trek XI : J.J. Abrams m'a tuer - 10 coms.
      • La photo du mardi #02 : Ryan McGinley - 10 coms.
      • Nadine Morano : "Vous avez une culture vous les Sénégalais ?" - 9 coms.
      • Tom Cruise, le scientologue riant et puissant - 7 coms.
      • Los Aldeanos, hip-hop cubain - 7 coms.
      • Accueil
      • Boutique
      • À propos
      • Contact
      • Flux RSS
      • Newsletter
      • Publicité

      • heqi, l'érotumblr de Taorama
      • Le Tag Parfait
      © 2005-2011 / Design : @jordanricker
      Intégration et développement : Fabien & Olivier