En anglais, un « morning bender », c’est ce moment post-cuite où l’on essaie tant bien que mal de s’expliquer ce nouveau tatouage ou cette fille au galbe peu avantageux dans son lit. The Morning Benders c’est aussi un groupe tout cool, tout indie, originaire de Berkeley, CA. Composé des deux frères Chu, Christopher (le leader) et John, de Julian Harmon et Tim Or, ils racontent les filles et la vie un peu cool d’indie kids. Ils sortent en 2008 Talking Through Tin Cans puis Big Echo en 2010. Parmi les bonnes idées qu’ils ont pu avoir il y a ces deux sessions d’enregistrement filmées où ils s’entourent de pleins de musiciens à barbe et de choristes à chapeau pour rejouer certains de leurs titres. Pour avoir eu la chance des les voir pendant SXSW, leurs concerts se résument à une expérience toute en douceur, surtout quand on est en plein air par une agréable soirée Texane. Le Nouveau Casino c’est pas Cheer Up Charlie mais c’est là que vous aurez l’occasion de les voir le 8 juillet prochain.
Quand on est le meilleur vibraphoniste, qu’on a joué avec Dizzy Gillespie, Miles Davis, fondé le Modern Jazz Quartet, il est aisé de réunir autour de soi les meilleurs musiciens de son époque pour enregistrer. C’est ce qu’a fait Milt Jackson sur son album Sunflower, sorti en 1972 chez CTI. Ron Carter, l’habitué, Herbie Hancock et Billy Cobham, les gardiens du groove, et Freddie Hubbard, la cerise sur le gâteau. Beau line-up, arrangé par Don Sebesky, qui a notamment collaboré avec Chet Baker et Paul Desmond.
Il est vrai que parfois l’addition de génie engendre un résultat médiocre. Ici guidé par l’aura de leur leader, chacun donne le meilleur de lui-même, quitte à freiner ses ardeurs funky pour rendre une copie parfaite, un album chilly idéal.
Le mois d’avril touche à sa fin, le mois de mai approche donc. Beaux jours et Coupe du Monde pointent à l’horizon, voire plus près. Il est donc largement temps d’écouter un peu de bossa.
Assez de Stan Getz et de Brésil américanisé, écoutons les natifs et ce qu’ils ont à dire. Martinho da Vila est un compositeur majeur de la musique brésilienne, une trentaine d’albums à son actif. Précoce, il intègre à 13 ans la Escola de Samba Aprendizes da Boca do Mato, et compose à 15 ans son premier morceau de samba, puis écrit tous les ans un titre pour la parade de son école. MeuLaiaraia sort en 1970, difficile à prononcer mais la récompense est là quand on y arrive. Comme tout bon album de bossa, le son est souple et détendu, jamais une note plus haute que l’autre, tout en déhanché et légère cassure de rein. Dans Plim Plim il rend hommage, à sa façon, à chaque instrument qui compose un orchestre samba.
Un live à Las Vegas, ça n’a jamais vraiment fait rêver que l’amateur de Tom Jones, voire de Céline Dion pour les plus violents de nos lecteurs. Et pourtant c’est bien un live de jazz dans la ville du jeu dont on parle aujourd’hui. Dave Brubeck, le pianiste à lunettes adulé de l’étudiant blanc de la West Coast, qui avait eu le bon goût de s’entourer de Paul Desmond, joue donc une série de thèmes autour du jeu (Chicago, Ace in the Hole…). Le jazz-geek appréciera l’humour cool jazz de l’époque. Toujours à la frontière de l’ennui, Dave Brubeck avait parfois la bonne idée de se lâcher un peu, et c’est ce qui arrive pour notre plaisir dans cet enregistrement de 1965. Paul Desmond, comme à son habitude, est tout en classe et en détachement, pour servir le son sucré qui sort de son alto.
Cette semaine point de jazz, de blues, de flamenco ou de hip-hop. Juste une espèce de musique de chambre jap’ des années 2000. Groupe nippon composé d’une quinzaine de musiciens, il comprend des instruments aussi cool que divers : toy-piano, yukulele, mandoline, contrebasse… Ils ont choisi de s’appeler les Pascals en hommage à Pascal Comelade, musicien franco-catalan (ce qui selon moi suffit a définir un musicien).
Beaucoup trop cool pour être présentés en hiver, les Pascals méritent d’être un son estival. J’ai écrit « musique de chambre » un peu plus haut et un peu plus tôt, à vrai dire je pensais « musique de champs », ou « de prairies ». Et puisque tout ça me met de fort bonne humeur, je vous offre une vidéo de live en prime !