Sorti en 1971 dans une seule salle à Manhattan, Punishment Park – du réalisateur britannique Peter Watkins – sera projeté 4 jours avant de se voir retiré de la circulation et ne passera jamais sur une chaîne de télévision américaine.
Dans un contexte politique tendu, sur fond de guerre du Viêt Nam qui trouve de moins en moins de soutien chez les citoyens américains et dans le monde, le président Richard Nixon déclare l’état d’urgence en s’appuyant sur l’Article 2 de la loi de 1950 sur la sécurité intérieure, le MacCarren Act. Cette loi permet au gouvernement fédéral de mettre en détention toute personne susceptible de mettre en péril la sécurité intérieure sans en référer au Congrès.
Arrêtés sommairement pour des faits parfois minimes, les différents représentants des mouvements contestataires, pacifistes, anarchistes, communistes, féministes, étudiants, membres des Black Panthers et autres se voient proposer un choix : effectuer une lourde peine de prison ou passer trois jours en plein désert dans un camp d’entraînement pour policiers et militaires, Punishment Park. Trois jours sans eau et sans nourriture pour atteindre un drapeau américain, gage de leur libération. La chasse à l’homme peut commencer.
Bien que les faits relatés dans le film soient pure fiction – Nixon n’ayant jamais déclaré l’état d’urgence – le parti pris de la mise en scène est bien celui d’un documentaire, et le message délivré par le film traverse le temps et les frontières. Tourné uniquement avec des comédiens amateurs, semi-professionnels ou des civils jouant leur propre rôle, le thème de Punishment Park reste toujours d’actualité. Watch your back !