Hunger : l’autre Steve McQueen
Guilhem 26.11.08 04:05 cinéma, critique, trailerHunger pourrait être un biopic. Hunger pourrait être un biopic puisqu’il raconte l’histoire de Bobby Sands, prisonnier membre de l’IRA qui entama une grève de la faim en 1981 pour obtenir le statut de prisonnier politique. Hunger pourrait être qualifié sans rougir de biopic, si dans les cinq dernières années précédant sa sortie, le terme n’avait pas été employé pour parler de films niais et sans fond, à la gloire d’un artiste ou d’un gangster à la mode. Hunger est le premier film de Steve McQueen. Après avoir étudié a Londres les arts plastiques, il intègre puis quitte la prestigieuse Tish de New York car, dit-il, « ils ne vous laissaient pas lancer la caméra en l’air ». Plus souvent vu dans les galeries d’art contemporain à travers le monde, le réalisateur anglais réussit sans aucun doute son passage au cinéma. Hunger est un modèle de maîtrise en tous points. Je serais tenté de dire que c’est surprenant pour un premier long-métrage, mais à ce niveau, la réflexion n’a pas tellement de sens. Le film se place comme premier jet dans la cinématographie d’un artiste, mais se prend comme œuvre à part entière dans la grande Histoire du Cinéma.
McQueen maîtrise tous les stades de la mise en scène, une gestion parfaite du rythme, un réel sens du son et du montage, une justesse dans la direction d’acteur… Hunger est complet et ne souffre d’aucun manque. Hunger questionne sur la justesse et la réelle utilité de la lutte, et sur la nécessite de sacrifice et de la mutilation corporelle qu’elle implique.
Je ne dirais donc jamais qu’Hunger est un biopic, car Hunger est bien plus que cela. Hunger, c’est du cinéma.
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Fichtre, il semble que tu aies bien aimé !
Commentaire by Jordan — 26 novembre 2008 @ 13 h 15 min