Rentrons dans le rang des sites hip, Brain en a parlé, Vice en a parlé, Pitchfork en a parlé, pourquoi pas nous ?
Par où commencer et comment les qualifier ? Trop productifs pour n’être qu’une bande de potes, pas assez organisés pour parler de collectif, Odd Future Wolf Gang Kill Them All est un crew d’une dizaine de kids de L.A. qui skatent, se prennent en photos et vidéos mais surtout font du hip-hop. Des kids, qui viennent de coins pas très cool, plutôt Compton et South Central que Beverly Hills et Rodeo Drive.

Tyler, the Creator – French
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Si il y avait un semblant de hiérarchie chez Odd Future on pourrait dire que le boss c’est Tyler, the Creator. Un des plus âgés, il a 19 ans. Après avoir fait 11 écoles en autant d’années il se retrouve à 16 ans à la Media Arts Centinela à Hawtorne, en banlieue de L.A.. Surnommée Hip-Hop High, c’est un peu l’école de la dernière chance des cultures de rue. On y apprend à faire du son, des images. Déjà à cette époque Tyler était un étudiant à part dans l’école. Ses profs disaient de lui que c’était un petit Andre 3000. S’il a eu la chance de pouvoir expérimenter et de chercher son chemin c’est aussi grâce à sa mère qui l’élève seule dans une ambiance plutôt détente. Elle veut qu’il s’expose, surtout pas le protéger. Si les gangs existent il doit les voir et les côtoyer, il fera ses choix ensuite. Éducation payante, précisons qu’elle fait aussi partie des rares parents ayant un diplôme dans le quartier. Trois ans plus tard il est le premier à sortir un album qu’il appelle Bastard. Enfin peut-on vraiment parler de sortie d’album… C’est aussi ça le truc d’Odd Future, contourner le système. La crise du disque pour le moment ils s’en foutent, tout ce qu’ils ont c’est un tumblr sur lequel ils postent leurs albums disponibles gratuitement, leur flys de soirées et des vidéos. C’est donc là qu’en début d’année est sorti Bastard. Le son est bon, le beat est lourd, la voix grave de Tyler vient racler des prods carrées. De quoi il parle ? De viol, de coucher avec des blanches et de trucs de leur vie. Il est là l’esprit Odd Future, c’est la deuxième génération de kids éduquée par la réflexion de leur vie que leur donnaient des mecs comme Larry Clark. L’esprit Odd Future c’est une sorte de doigt d’honneur permanent pointé vers qui veut le voir.

Enstuite vient Earl Sweatshirt, 16 ans, une sorte de petit génie du rap. Il fait son buzz, et celui de ses copains, avec le clip de son morceau Earl, mise en images d’une sorte de cocktail immonde que lui et ses potes prennent avant d’aller skater. Mais ne vous fiez pas au coté un peu pute du trash dans ce clip, cet arbre ne cache qu’à peine une prod vraiment cool et un flow déjà bien mûr pour un mec de son age. Son album sorti peu de temps après celui de Tyler et certes assez inégal mais les quelques bon sons qu’on y trouve montrent bien le potentiel du kid. Le seul problème à l’heure actuelle c’est qu’Earl a disparu. La rumeur dit qu’il serait en boot-camp, sorte de prison pour ado. Quand on demande des infos à ses potes il répondent juste « Free Earl » et changent de sujet. Malins, ils savent contsruire leurs légendes. On peut lui souhaiter de rentrer pas trop lobotomisé et de se remettre à composer.

Domo Genesis – Super Market

Odd Future c’est aussi Domo Genesis et des morceaux un peu vénère, c’est Mellow Hype, un duo formé par Hodgy Beats et Left Brain, plus électro et chilly. Enfin pour du son relax empreint de vapeur de weed c’est Mike G.. Odd Future c’est surtout un crew hyper productif et talentueux, ne crachant pas sur les comparaisons avec le Wu-Tang ils aiment l’idée d’un groupe qui fait des projets ensemble et des solos aussi cool. Odd Future c’est une identité avec un son déjà à eux qui rappelle un peu Def Jux. On fait rarement des choses bien sans des bases solides, ils puisent leurs inspirations dans les classiques du hip-hop, Madlib, Slumvillage, le Eminem du début ou N.E.R.D.. Ils écoutent aussi des classiques tout court, Erikah Badu et James Brown par exemple, ou beaucoup de jazz. Plus surprenant ils vont également chercher dans des sons plus blancs comme Grizzly Bear ou Liars. Question avenir pour le moment loin d’eux l’idée de signer où que ce soit si l’on en croit le “Fuck Labels and Magazine” que Tyler a lâché lors de leur dernier concert au Webster Hall de New-York. Malgré tout cette bande de sales kids intelligents sait user des outils que le monde 2.0 leur offre. Un tumblr et une présence forte sur Twitter leur suffit. Espérons que malgré le vent médiatique qui leur est favorable en ce moment ils garderont leurs doigts en l’air et sauront confirmer l’intuition qu’ils sont le real hip-hop des années à venir.

Leurs albums :
Tyler, the Creator – Bastard
Earl Sweatshirt – Earl
Mellow Hype – Blackckenedwhite
Mike G – Ali
Domo Genesis – Rolling Papers

Leurs Twitter :
OFWGKTA
Tyler, the Creator
Domo Genesis
Hodgy Beats