Grand photographe de mode masculine, Bruce Weber découvre Chet pour la première fois sur la pochette du vinyle Chet Baker with Strings de 1956, dans un Records Shop de Pitsburgh en 1962. Il le recroisera en 1986 et lui proposera de le photographier et de le filmer pour une projet de court-métrage de quelques minutes. Les deux hommes s’apprécièrent et ils décidèrent de prolonger le tournage et d’en faire un film.
Let’s Get Lost raconte la vie de Chet Baker. Le documentaire se compose en deux parties, l’enregistrement de la B.O. du film, que Chet à composée exclusivement pour ce dernier, et qui, selon moi, fait partie de ses tout meilleurs albums. L’autre partie du docu est faite d’interviews de gens ayant un jour ou l’autre côtoyé Chet : ses femmes, sa mère, des musiciens, etc.
Documentaire bouleversant sur la vie d’un des génies du jazz, le film de Weber se construit un peu comme une histoire racontée, essayant de se raccrocher à une chronologie friable. Le film est tourné en 1986-1987, soit très peu de temps avant la mort de Chet en 1988. Le jeune premier est vieux, et semble déjà mort. Son visage est marqué, tracé. Ses gestes lents et peu assurés, c’est un vieillard de 59 ans.
A l’occasion des 20 ans de sa mort, le film ressort en salle dans une version restaurée. Si vous aimez le jazz, et même si vous n’aimez pas, je ne saurais que trop vous le conseiller.