A l’heure où l’Italie se retourne vers Berlusconi, où Rome confie ses clés à un maire au passé douloureux et aux fréquentations pas catholiques, où la squadra azzura nous subtilise le trophée footbalistique suprême, il n’est pas totalement imbécile de douter de nos amis transalpins.
Et pourtant Dieu sait qu’on avait des raisons de les respecter. En vrac : les pâtes, la Vespa, la Toscane, les Italiennes… Mais on se dit que les temps changent, que tout évolue, même ce souvenir d’une belle brune, la peau tannée par le soleil, le cheveu libre, abandonné de tout casque sur ce scooter bleu ciel, traversant les ruelles comme à la recherche de notre œil de collégien en voyage scolaire, semble s’estomper face aux aberrations du monde moderne.
Et là arrive Paolo Fresu. Paolo nous rappelle qu’en plus des clichés éculés, l’Italie est un grand pays de jazz, un jazz typique, léger et doux. L’homme en question naît en 1961 en Sardaigne, et commence la trompette à 11 ans. Rapidement remarqué comme un futur grand, il enregistre un nombre impressionnant d’albums. Très actif dans le milieu, il monte sur scène aussi souvent qu’il partage ses savoirs. Paolo est tout ce que le jazz a de plus feutré, subtil, tout ce que le jazz a d’italien. Sa trompette est métallique comme celle de Miles, fumeuse comme celle de Chet, et poétique comme celle de son aîné, Enrico Rava. Dur de sortir un album d’une discographie si prolixe. Ses plus fameux sont Night on The City (1996), pour lequel il a reçu un Django d’or de l’Académie du Jazz. On pourra également citer Shades of Chet (2001), avec Enrico Rava et Stefano Bollani, ainsi que, récemment sorti chez ECM, The Lost Chords Meet Paolo Fresu avec Carla Bley. Mais laissons place à la musique, c’est tout ce qui importe.

Paolo Fresu @ « La Palma » in Rome

Du grand live dans la suite…

‘Round Midnight avec Enrico Rava

My Funny Valentine