Le live du samedi #36 : Michael Jackson – Billie Jean @ Motown 25
Jordan 27.06.09 12:03 live, musiquehttp://www.dailymotion.com/videoxmcdgJ’étais en train de travailler sur Beat It, et il se trouvait que je m’étais installé au studio Motown – j’avais quitté Motown depuis plusieurs années. Ils s’apprêtaient à produire une cérémonie pour célébrer les 25 ans de Motown, et Berry Gordy est venu me demander si je voulais en faire partie. Je lui ai répondu : « Non ». J’ai répondu « non » car j’avais d’autres idées pour Thriller. Berry a alors ajouté : « Mais c’est pour les 25 ans de Motown… » J’ai réfléchi et voilà ce que je lui ai proposé : « Je le ferai, mais à une seule condition : je veux chanter une chanson qui ne fait pas partie du catalogue Motown ». Il a répondu : « Laquelle ? », je lui ai dit : « Billie Jean« . Il a accepté en ajoutant « Ok ». Je l’ai repris : « Tu vas vraiment me laisser faire Billie Jean ? » « Oui », m’a-t-il répondu.
C’est alors que j’ai réuni mes frères pour lancer les répétitions. On s’est mis à travailler notre numéro, en sélectionnant les chansons pour le medley. Mais pas seulement cela : il fallait aussi travailler les angles des caméras. Je réalise et monte tout ce que je fais. Chaque plan que vous voyez vient de moi. Laissez-moi vous expliquer pourquoi je dois travailler ainsi : je place 5, non, 6 caméras. Lorsque vous êtes sur scène – et peu importe le cadre de cette performance – si vous ne faîtes pas une captation propre, les gens ne la verrons pas. C’est le média le plus égoïste au monde. Vous filmez CE QUE vous voulez montrer au public, QUAND vous souhaitez qu’il le voie, COMMENT vous voulez qu’il le voie, et quelle JUXTAPOSITION vous voulez qu’il regarde. Vous créez l’intégralité du sentiment de ce qui est présenté, à travers vos angles et vos plans. Parce que je sais ce que je veux voir. Je sais ce que je veux voir revenir à l’écran. Je connais l’émotion que j’ai ressentie pendant telle ou telle performance, et j’essaie de recapturer cela en assurant le montage.
The Jackson 5
http://www.dailymotion.com/videoxk4mc
Une des choses qui m’a le plus touché est le moment qui a suivi ma prestation sur Billie Jean. Je n’oublierai jamais cela. Dans les coulisses, il y avait Marvin Gaye, les Temptations, Smokey Robinson et mes frères. Ils m’ont tous pris dans les bras pour m’embrasser. Richard Pryor s’est approché de moi et a dit d’une voix très calme : « C’est tout simplement le meilleur numéro que j’ai jamais vu ». C’était ma récompense. J’admirais ces personnes depuis mon enfance, et les voir ainsi me féliciter et me montrer à leur tour mon admiration, je me suis senti honoré. Le lendemain, Fred Astaire m’a appelé. Il m’a dit : « Je t’ai regardé hier soir, et j’ai enregistré l’émission. Je l’ai regardée à nouveau ce matin. T’es un sacré danseur ! Tu les a mis sur le cul ! ». Plus tard, quand je l’ai vu, il a fait ça avec ses doigts (Il mime un moonwalk, ses deux doigts glissant sur la paume de son autre main).
Je me rappelle très clairement comment j’ai exécuté ce numéro, et je me souviens m’en être voulu car ça ne ressemblait pas exactement à ce que je voulais : je souhaitais en faire plus. Mais plus une fois que j’avais fini. Un petit enfant juif est venu me voir dans les coulisses. Il m’a regardé et dit [sur un ton surpris] : « Qui t’a appris à danser comme ça ? » [Rires] J’ai répondu : « Dieu, je pense… et les répétitions ».
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