Le bon plan photo du mardi #6 : Harry Gruyaert au Bon Marché
Guilhem 08.02.08 14:36 expo, photo
Du 17 janvier au 16 février, le magasin de la Rive Gauche accueille le travail d’Harry Gruyaert sur les bords de mer d’orient et d’occident : Rivages. L’exposition se situe donc au Bon Marché, à deux pas de la station Sèvres Babylone. Le grand magasin de luxe a, pour accueillir ses expositions, octroyé un espace au sous-sol appelé L’Entretemps. Une grande pièce blanche où des murs cassent l’espace et créent d’autres pièces tout aussi spacieuses. D’allure assez sobre, le lieu reste quand-même assez loin du calme et du cachet que possède une vraie galerie. Les photos en grand format sont des tirages réalisés pour l’exposition, tirages couleur limités à huit exemplaires numérotés, à vendre.
Plus, et même beaucoup plus, dans la suite …
Né à Anvers en 1941, Gruyaert entre chez Magnum en 1981. Photographe de la couleur, il aime prendre du recul, rester loin et voir l’humain comme un élément du paysage. Dans ses photos il capte des ambiances lumineuses, compose avec les éléments du décor qui l’entoure. Ses photographies sont souvent l’alliance quasi-parfaite d’un espace graphique coloré et d’une atmosphère. Il a notamment publié Made in Belgium en 2000, Rivages, dont je vais parler ici, en 2003, PhotoPoche en 2006 et TV Shots en 2007.
La série de photographies présentée à l’Entretemps du Bon Marché est extraite d’un livre paru donc en 2003. Livre quasi-culte, réédité pour l’occasion (version à laquelle une quinzaine de photographie ont été ajoutée), qui s’appelle Rivages.
Ce livre réunis des clichés autour du thème de la mer, des côtes et de la relation que ces espaces ouverts vers l’infini ont avec l’Homme.
Le dénominateur commun à toutes ces photos est la façon dont Gruyaert joue avec la ligne d’horizon et la profondeur du paysages marin. Il aime transformer cette ligne, et plutôt que d’ouvrir le regard vers un horizon sans fin, il écrase ciel et terre comme pour les forcer à rejoindre l’horizon. On reconnaît dans ses photos, le plat pays chanté par Brel, avec son « ciel si bas qu’il fait l’humilité ». C’est d’ailleurs quand il photographie les plages d’Ostende que Gruyaert est au mieux de sa photographie.
Ses images, au delà d’une composition exemplaire, si on accepte de les regarder, laissent apparaître une profonde mélancolie, un sentiment de station balnéaire hors-saison. La présence de l’homme sur les scène qu’il nous montre est totalement affaiblie par la nature. Soit il la subie clairement, montre l’impression d’être oppressé par cette dernière, écrasé par le ciel, par les nuages. Et quand il n’y a personne sur ses photos, le passage de l’homme y est clairement présent, comme un abandon de la civilisation, une capitulation devant la nature.
Bien que cette série n’est pas celle que je préfère chez Harry Gruyaert, certaines photos n’en ont pas moins une grande puissance émotionnelle. Pour conclure je dirais que la force de Gruyaert, est qu’il saisi l’instant idéal tout en créant l’impression d’une image extrêmement composée, tout ça dans le but de créer des images d’un graphisme apparent mais surtout forte en ressentis.
Guilhem Malissen
Informations :
Rivages, du 17 janvier au 16 février
Le Bon marché – 24 rue de Sèvre 75007 Paris
Horaires : lundi, mardi, mercredi, vendredi, de 9h30 à 19h00 – samedi de 9h30 à 20h00 – jeudi de 10h00 à 21h00
01 44 39 80 00
Métro : ligne 10, 12, Sèvre Babylone
La page d’Harry Gruyaert sur le site de Magnum
Le Bon Marché
Une interview de Gruyaert par photograhie.com
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Ha bah en fait oui, tu connais…
Commentaire par Ludo — 9 avril 2008 @ 9 h 40 min