L’album de la semaine #11 : El Camaron de la Isla – Paris 1987
Guilhem 12.03.09 10:36 musique
« Dieu, du flamenco ! », vous diriez-vous en voyant l’intitulé de l’album de cette semaine qui sent bon l’Andalousie et la corrida. « Et oui, du flamenco », pourrais-je vous répondre, avec une simplicité et un flegme qui m’est peu familier. Certes le pari est un peu osé. Il eût été plus évident d’alpaguer la foule avec un bon vieil album des Pharcyde ou de se la jouer « easy jazzy » avec une session smoothie de Chet. Nenni ! Aujourd’hui c’est Saeta, Solea et Buleria, que vous le vouliez ou non.
En quelques mots pour les moins ibériques d’entre vous, le flamenco est une musique gitane née en Andalousie. Un simple cantaor suffit à faire du flamenco (Saetas) mais au fil de l’histoire différents instruments sont venus s’ajouter : mains (Palmas), guitare (Toque), percussion (Cojà) et même basse. Musique de l’âme gitane, empreinte des souffrances que ce peuple à connues, le cante flamenco peut s’apparenter au blues des Noirs-Américains. Musique du groupe, de la fratrie, le flamenco supporte mal l’enregistrement et tolérera le live, tout en sachant que sa place est dans la cueva ou dans le tablao où les chaises sont serrées, l’air enfumé et où les « olé » peuvent jaillir de nulle part et toucher le chanteur au plus près.
En guise d’introduction, commençons par du solide, par une valeur sûre : El Camaron de la Isla, dit Camaron.
Camaron est une des figures majeures de l’histoire du famenco, véritable bouleversement, il a su être un des premiers a mélanger traditionalisme et modernité avec classe, dans un art séculaire qui supporte très mal le changement. Il est facile de voir que, comparé à d’autres musiques, le flamenco a peu évolué au fil de l’histoire, profitant juste des quelques améliorations techniques des diverses époques qu’il a traversées. Dur en effet de faire évoluer ce chant. Nombreux s’y sont essayés, et nombreux s’y essaient encore, mais peu réussissent.
Né en 1950, El Camaron meurt en 1992, se faisant enterrer devant plus de 100 000 personnes.
Cet enregistrement parisien de 1987 est un des derniers live de la carrière du chanteur. Malade et fatigué, sa voix est fragile et son flamenco ne tient qu’à peu de choses, le cancer du poumon qui le tuera cinq ans plus tard se fait sentir. Malgré tout ce live est un bon album, la force dans la voix de Camaron et la rigueur de son flamenco nous portent au cœur de ce chant. D’un live à Paris nous partons à Séville ou Cordoue, l’Andalousie n’est pas loin.
Enfin, une des raisons pour lesquelles je vous parle de ce disque qui introduit une série mensuelle sur le flamenco, c’est que Paris 1987 est l’album qui m’a introduit au cante flamenco et je reviens toujours vers ce live avec le respect que l’on peut donner a un mentor.
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[...] Paco de Lucia, une légende du flamenco. Il a été avec Tomatito un des guitaristes d’El Camaron. Le deuxième est anglais, a fait beaucoup pour la place de la guitare dans le jazz. Il a notamment [...]
Ping par L’album de la semaine # 18 : The Guitar Trio - Paco de Lucia, John Mc Laughlin, Al di Meola | Taorama.net — 18 juin 2009 @ 19 h 17 min