Médiamalgame
Jordan 13.01.06 20:12 IsraëlHaaretz et le Jerusalem Post sont les deux grands quotidiens israéliens. Le premier est plutôt modéré. Par son manque de parti pris sioniste, il fait preuve, au goût du second, d’un « masochisme sans précédent » (The validation of Jewish anti-Zionism, Isi Leibler, 12/01). Le Jerusalem Post est donc, sans grande ambiguïté, plus à droite. L’on pouvait y lire, dans son édition du 11 janvier, un article énervant.
Tom Gross s’interroge : les médias internationaux diabolisent-ils encore Sharon ? L’auteur accuse la BBC, The Economist, El Pais et d’autres d’avoir trahi la vérité historique, « Ils » l’auraient fait exprès, à « des centaines » de reprises. Il illustre son propos d’exemples percutants à l’image de celui-ci : « jusqu’il y a six semaines voyait-on encore dans le Guardian des dessins grotesques de Sharon« . Il déplore le manque de réalisme des caricatures… Enfin, et après avoir constaté un changement récent dans les attitudes à l’égard du Premier ministre hospitalisé, l’auteur conclut par ces mots : « il nous faut encore attendre pour voir si les journalistes, dans cette sphère médiatique prétendument respectable, ont décidé de se débarrasser une fois pour toutes du surplus antisémite dans leur couverture de l’actualité israélienne« .
Tom Gross opère là un amalgame plus énorme que tous ceux qu’il dénonce, et certainement plus dangereux aussi. En assimilant les critiques à l’égard d’Ariel Sharon et du sionisme à des propos antisémites, en généralisant la conduite de certains journalistes à celle de tous, en n’hésitant pas à user des procédés douteux qui caractérisent les discours de haine, non seulement décrédibilise-t-il complètement son propos, mais il dessert gravement la lutte contre l’antisémitisme. Au milieu de ce genre d’accusations, comment reconnaître les vrais coupables ? Et qui entendra la voix des véritables victimes ?
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