Le Top 15 des meilleurs clips de rap français #05 : Afro Jazz – Strictly Hip Hop
Norman 25.02.09 02:20 hip-hop, musiqueAllez ! Tout les wak baissent leur froc, en cinquième position, place aux soldats de l’underground guerilla, voici un autre de mes groupes favoris, Afro Jazz. Leur album Afrocalypse sorti en 1997 est un disque que je fais cracher régulièrement depuis dix ans sans jamais me lasser et en kiffant toujours plus à chaque nouvelle écoute, je l’adore du premier au quinzième titre, l’interlude oldschool inclus. Il a même pris de la valeur au fil du temps en devenant le meilleur vestige de mon ancienne et regrettée collection. Si vous ne le connaissez pas, il est indispensable et même urgent de vous le procurer. C’est en 1996 que Daddy Jokno, Jahyze et Robo, les membres d’Afro Jazz enregistrent leur premier maxi trois titres sous la tutelle de Joey Starr et de Lucien ; le disque se trouve être très bon, le groupe est à l’avant-garde d’un renouveau du real hip-hop et choisit pour cela un visuel évocateur : le vinyl est estampillé d’une plaque d’égout sur laquelle est marqué le titre Perle noire. Afro Jazz sort de l’ombre cette année là, et suggère avec insolence que les trésors se trouvent dans l’underground.
Suite à des concerts bien accueillis en premier partie d’NTM, Afro Jazz enregistre alors en 1997 Afrocalypse, à New york, et s’entoure pour cela de quelques-unes des plus importantes figures de la scène underground française, en se faisant accompagner par l’énigmatique mais non moins célèbre DJ Clyde, ancien Assassin qui est aussi à l’origine de leur maxi Perle Noire, mais également d’albums cultes comme Paris sous les Bombes ou Note mon Nom sur ta Liste. A la prod’, Clyde fait appel aux américains Buckwild de Notorious B.I.G., Diamond D et Da Beatminerz. Côté MC, il y a aussi du lourd avec NTM et deux nouvelles participations exclusives du vieux Lucien Revolucien aka Papalu, qui apparaissent sur les morceaux La guerre des nerfs et le titre qui nique le président de l’état français : Parias vs États. Bref, un projet de rêve pour les fans d’authentique rap hardcore & underground, un style auquel le public français était encore trop peu habitué, et c’est sans doute pour ça que la sortie de cette production couillue aux sonorités new-yorkaises fut un pitoyable échec. Certes, leur objectif audacieux était décalé pour son temps, beaucoup de MCs français se sont déjà ridiculisés en plagiant le style américain, mais je trouve justement dommage qu’Afro Jazz n’aie pas eu la considération qu’ils méritaient pour avoir triomphé avec panache là où tout le monde avait lamentablement échoué.
Le style East Coast de l’ancienne école et le besoin d’un retour à l’authenticité n’a pas toujours été le fer de lance des rappers, encore moins une tendance marchande comme ça le devient de nos jours. A l’époque de la sortie d’Afrocalypse, le rap devenait une culture à la mode, les radios ainsi que la presse spécialisée préféraient alors élargir leur champ d’audience à des profils d’auditeurs plus dociles mais par la même occasion moins hardcore et surtout moins puristes. Pour ne pas froisser ce nouveau public il valait mieux édulcorer le genre en diffusant l’idée formaliste mais beaucoup plus commerciale que le hip-hop ça n’est pas inaccessible, que parfois cela peut être dur mais pas forcément hardcore, et qu’il ne faut pas forcément souffrir de racisme ou d’abandon social pour rapper, voire même ne pas souffrir du tout… C’est à cause de cette propagande commerciale que le rap tel qu’il a été créé n’existe pratiquement plus aujourd’hui, et que des groupes comme Afro Jazz n’ont pas le succès mérité.
Évidemment ils se démarquent de la tendance et font flipper tout le monde. Ces mecs là arrivent en treillis, n’esquissent jamais un sourire et grognent de façon menaçante des lyrics condamnés pour leur caractère afro-identitaire par les même gros cons fachos qui n’entravaient déjà rien aux provocations cyniques du Ministère A.M.E.R.. En plus de leurs attitudes audacieuses qui repoussent l’opinion publique, ils ne trouvent rien de mieux à faire que de collaborer avec le plus hardcore, le plus sulfureux, le plus cool des MC, j’ai nommé le meilleur rapper de toute l’histoire du hip-hop Osirus aka Big baby Jesus aka Ol’dirty Bastard, qui était considéré comme infréquentable voire dangereux. Bref, Afro Jazz intimide et s’isole du reste de la scène française à cause de cela. Et ce malgré la bienveillance de Cut Killer qui leur dédie une mixtape entière, à laquelle participe entre autres Rockin Squat, une tape aux accents toujours américains mais avec un style plus mainstream.
Rien n’y fait et le public dérouté n’arrive pas à comprendre les intentions du groupe hardcore aux paroles pourtant simples et explicites. « Authentique style, authentique hip-hop, je n’suis pas le genre d’MC qui porte des jeans Pantashop. Moi c’est x-tra x-tra large avec un beat qui mash up« , ou encore le genre de truc que personnellement je kiffe grave : « Mais si un animal donne des animaux. Alors le manimal, donne des manimaux. Manie les mots, comme un dingue un flingue, quel que soit le moment, j’n'ai pas besoin de seringues de pfff j’suis déjà dans mon élément. Le hip-hop est ma dope, je n’ai besoin de rien d’autre, Mon nigger si, mon équipage, mon bedo, mon zinc. »
Ne sachant comment appréhender ce style de rap ultra-virulent, la plupart des gens mettent bêtement de côté ce groupe auquel ils ne pouvaient pas s’identifier, et se réfugient auprès d’idoles sympathiques mais artificielles desquelles Afro Jazz conseille justement de se méfier dans le morceau Sucker MC. A l’époque, même les connaisseurs, qui savaient qui était Afro Jazz, ne remarquaient pas toujours la qualité indéniable de ce groupe. C’est à ne rien y comprendre puisqu’Afrocalypse, à mon avis, représente une bonne synthèse de ce qui s’est fait de mieux en matière d’underground dans le hip-hop français et américain. L’influence majeure vient directement du style hardcore des rappeurs East Coast, à la manière d’un KRS-One ou du Wu-Tang à l’époque Protect Ya neck et Brooklyn Zoo. Afro Jazz fait dans le gros rap couillu à base de beats lourds et brutaux, d’instrumentaux jazzy souvent menaçants, de flows agressifs et tapageurs, de voix rauques avec lesquelles ils mugissent leur lyrics crus, engagés, hardcore et sans pitié. Du super lourd je vous dis ! Alors roulez vous un énorme bédo, faites cracher le son de vos enceintes et surtout ne restez pas assis pour regarder cette tuerie qui s’appelle Strictly Hip Hop.
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rien à dire, mis à par que c du GROS classique comme il n’y en a plus en france, et le plus fou ds cette histoire c’est bien peu de monde connait cette track . . .
Commentaire by Ze-PeQuINo — 25 mai 2009 @ 19 h 31 min
AFRO JAZZ, le phénomène incompréhensible… Afrocalypse est un des meilleurs albums hip hop que j'ai écouté… La définition même de l'underground, les seuls français qui ont un jour travaillé le Dirt Dog..
RIP ODB
RIP l'aire du bon rap en france…
Commentaire by Larachecroute — 15 octobre 2011 @ 17 h 52 min