En 13ème place, l’homme dont on oublie qu’il a un jour été real hip-hop lui aussi, le petit fayot du rap français. Gentil et politiquement correct, j’ai nommé MC Solaar. Si vous lisez ce post et avez moins de 20 ans, vous devez surement me prendre pour un imposteur tristement naïf. Et si toute sa carrière ne se résumait qu’à Da Vinci Claude ou Les temps changent je n’aurais aucune excuse et mériterais ce jugement. Mais voilà, avant qu’il n’ait un minikeum à son effigie, et qu’il apporte sa gamelle d’eau au clébard galeux de Drucker les dimanches après-midi, Claude MC était respecté par ses pairs.

A la fin des années 1980 il débute, comme les plus grands, dans l’émission mythique de Dj Dee Nasty sur Radio Nova. Ses deux premiers albums Qui sème le vent récolte le tempo et Prose combat sortis en 1991 et 1994 sont produits par JimmyJay, aussi producteur des Sages Poètes de la rue, Lucien, Timide et sans complexes, et Démocrates D. Pour ceux qui ne l’auraient peut-être pas remarqué, Solaar fait une apparition dans le clip de ces derniers, qu’on a pu voir en 15ème place de ce classement. Il y sert la louche au MC Chapeau Melon, Black Jack en plein acte de prose criminelle. Encore plus fort, encore plus hip-hop, MC Solaar collabora à l’album Jazzmatazz Vol.1, le projet prestigieux de fusion Jazz/hip hop produit par Guru’s Jazzmatazz, auquel Roy Ayers, entre autres, participa également. Solaar partage le mic avec Guru sur le morceau Le Bien, le Mal.

Il est donc clair qu’MC Solaar a gagné assez de street credibility et de respect au cours de sa première vie pour passer à la postérité. Nier la qualité de ses deux premiers albums serait faire preuve de mauvaise foi, et son retournement de veste n’enlève rien à son importance dans l’histoire du rap français. Vous connaissez sans doute le célèbre clip de Le Bien, le Mal, j’ai bien sûr pensé à le poster pour cette 13ème place, mais il n’appartient pas à la catégorie rap français ; si je le mets en compétition, je devrais déroger à mes propres règles. C’est un choix, pas un oubli.

Numéro 13. Le meilleur clip d’Mc Solaar, Obsolète sorti en 1994 sur l’album Prose Combat.
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