bejamin-button-03_680339cBenjamin Button est atteint de la progéria, sauf qu’il a de la chance, il est né à Holywood, et à Holywood, cette maladie orpheline se transforme en une maladie plus jolie qui fait qu’on vieillit à l’envers.
Réalisé par David Fincher, interprété par Brad Pitt, L’Étrange Histoire de Benjamin Button est le prochain film à Oscars. L’histoire est donc la suivante : Benjamin Button, abandonné à la naissance, est atteint d’une maladie qui le fait vivre à rebours. Un jour, il rencontre la femme de sa vie et, sur fond d’Histoire du XXème siècle, les deux essaieront, malgré le triste sort de Benjamin, de s’aimer.
Le scénario est adapté par Eric Roth d’une nouvelle de Scott Fitzgerald. Eric Roth n’est ni plus ni moins que le scénariste de Forest Gump. Fresque historique, personnage handicapé et écorché par les gens normaux, destin aidant toujours à retrouver l’être aimé, nombreuses sont les analogies entre le film de Fincher et celui de Zemeckis.
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C’est maintenant que les choses se compliquent pour moi, maintenant que j’ai donné les informations techniques essentielles, et que je n’ai plus qu’à donner mon avis sur le film. Celui-ci a ceci de particulier qu’il est, du point de vu de l’affect, d’une neutralité parfaite. Les acteurs sont bons, les images de Claudio Miranda sont comme Fincher les aime, la réalisation est soignée, le scénario ne souffre d’aucune faiblesse. Il est dur de trouver des défauts à ce film. Même le propos ne tombe pas dans le piège d’une mièvrerie dégoulinante ou d’un moralisme excessif. Il en fait preuve, c’est un film hollywoodien, mais ça reste très léger.
Seulement voilà, il manque à L’Étrange Histoire de Benjamin Button ce je ne sais quoi nécessaire à l’élévation du stade de bon film à celui des films dont on se souvient. Le sublime n’est pas atteint, les étincelles sont absentes. Certes, je n’attendais pas du dernier Fincher un nouvel Apocalypse Now ou In The Mood For Love. N’est pas donné à tout le monde de toucher la grâce pendant une heure et demie (voire plus).
Malheureusement, le cinéaste se protège contre toute critique avec un film propre et sérieux. Mais à trop vouloir se préserver, le réalisateur de Seven ne nous donne rien non plus, et fait finalement de Benjamin Button un pur film de studio, neutre et sans aspérité, qui n’aura qu’a tendre les bras pour recueillir les Oscars avant de s’effacer au profit de son grand frère autiste.
Benjamin Button n’est ni bon ni mauvais, il est. Reste à savoir si c’est une qualité ou un défaut, mais là c’est un autre débat.